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13/12/2012 12:01 EST | Actualisé 12/02/2013 05:12 EST

Triomphant à Gaza, le Hamas veut relever la tête en Cisjordanie

Le Hamas fêtait jeudi son anniversaire à Naplouse, une première en Cisjordanie depuis 2007 espérant reprendre pied dans l'ensemble des Territoires palestiniens à la faveur de sa "victoire" sur Israël à Gaza.

Des milliers de personnes se sont pressées autour de la tribune exigüe, ornée de part et d'autre des portraits du fondateur du mouvement islamiste, cheikh Ahmad Yassine, et du chef militaire du Hamas, Ahmad Jaabari, modèle réduit des célébrations monstres de l'anniversaire à Gaza samedi, en la présence inédite du chef en exil du bureau politique Khaled Mechaal.

L'Autorité palestinienne du président Mahmoud Abbas a permis pour la première fois au Hamas depuis la division entre la Cisjordanie et la bande de Gaza en 2007 de célébrer son anniversaire dans le territoire qu'elle contrôle.

"Notre message est que le Hamas est présent sur le terrain et dans le coeur de notre peuple", a expliqué à l'AFP un député de la majorité islamiste Hamas, Hosni al-Bourini.

"Nous demandons à l'Autorité palestinienne d'intensifier ses efforts pour l'unité nationale et de permettre au Conseil législatif (Parlement) de se réunir pour délibérer", a-t-il ajouté.

A la tribune, où le portrait de Jaabari, tué dans la première frappe de l'opération israélienne "Pilier de défense" à Gaza (14-21 novembre), a été supplanté par celui d'un dirigeant local "martyr" du Hamas, un dignitaire du Fatah, le mouvement de Mahmoud Abbas, a salué d'un même élan "la résistance à Gaza" et "la décision historique à l'ONU" obtenue par le président palestinien.

"Il y aura bientôt une rencontre au Caire entre Abou Mazen (Mahmoud Abbas) et Khaled Mechaal pour parachever la réconciliation et ce sera un jour historique", a assuré dans un discours le secrétaire général du Conseil révolutionnaire du Fatah, Amine Maqboul.

De la marée de drapeaux verts du Hamas émergeaient quelque drapeaux arabes, comme celui de l'Egypte et de la rébellion syrienne à dominantes islamistes.

Sur des panonceaux tenus par des femmes voilées, on pouvait lire des slogans en soutien au Hamas et à sa branche armée comme "Le jihad est notre voie" et "la bataille (de Gaza) est le chemin de la libération".

Avant que le cortège ne s'ébranle de la mosquée Al-Nasser, dans la Vieille ville, vers le centre de Naplouse, un adolescent brandissant fièrement un drapeau vert, Youssef Qtechat, dont la famille compte un "martyr", un cousin tué par l'armée israélienne en 2003, saluait "un grand jour grâce à la victoire à Gaza".

La facture artisanale des banderoles trahissait l'improvisation, signe de la rareté des manifestations du Hamas en Cisjordanie.

"Pour réaliser l'unité nationale, il faut clore le dossier des arrestations politiques et permettre au Conseil législatif de jouer son rôle", a estimé un dirigeant du Hamas de la ville voisine de Tulkarem, en allusion aux arrestations de membres du mouvement par l'Autorité palestinienne.

"Il nous faut une référence unique qui pourrait être une Organisation de libération de la Palestine (OLP) réformée", a-t-il plaidé, en écho aux déclarations de Khaled Mechaal.

"Nous sommes une seule Autorité et notre référence est l'Organisation de libération de la Palestine, dont nous voulons l'unité", a affirmé le chef en exil du Hamas, dans un discours à Gaza.

"Aujourd'hui Gaza, demain Ramallah, et inchallah (par la grâce de Dieu), Jérusalem, Haïfa et Jaffa", avait-il lancé vendredi à son arrivée dans l'enclave palestinienne, laissant entendre que la "libération de la Palestine" passait d'abord par la conquête des instances dirigeantes palestiniennes.

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