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13/12/2012 07:45 EST | Actualisé 12/02/2013 05:12 EST

Moscou envisage une victoire des rebelles en Syrie, nouvel attentat meurtrier

Moscou, allié du régime syrien, a pour la première fois envisagé une victoire des opposants au président Bachar al-Assad en Syrie, frappée jeudi par un nouvel attentat dans la périphérie de Damas, où une attaque a blessé la veille le ministre de l'Intérieur.

Les Russes ont reconnu que Damas perdait "de plus en plus" de terrain, au moment où le régime, poussé dans ses derniers retranchements, a recours à des missiles Scud selon Washington, et des bombes incendiaires provoquant de graves brûlures pour les civils selon Human Rights Watch.

Les forces gouvernementales semblent avoir franchi une nouvelle étape dans leur combat acharné contre la rébellion, en lançant des Scud, qui n'ont "aucune justification militaire, sont lourds, chers et imprécis", note Karim Bitar, directeur de recherche à l'Institut de relations internationales et stratégiques (IRIS).

Un journaliste de l'AFP a été témoin lundi dans le nord-ouest syrien de l'une de ces explosions, qui a fait trembler toute une ville. Un commandant rebelle a estimé qu'il s'agissait d'un missile sol-sol d'une taille inférieure au Scud, d'une portée de plusieurs dizaines de kilomètres et transportant une charge de 300 à 500 kilos de TNT.

Une source au sein des services de sécurité a affirmé qu'il s'agissait de missiles sol-sol de fabrication syrienne, construits sur le modèle des Scud.

Soulignant que "la grande bataille de Damas, qui risque de changer les règles du jeu, est sur le point de commencer", M. Bitar estime que "leur usage fait clairement partie de la guerre psychologique que livre le régime contre les rebelles et les pays qui les soutiennent".

Avec ces tirs, le régime "souhaite rappeler encore une fois qu'il jettera toutes ses forces dans la bataille, et qu'il n'aura pas de scrupules à frapper fort", explique-t-il.

Dans cette perspective, les militants des Comités locaux de coordination (LCC) ont appelé la population de Damas à protéger les lieux de culte, les sites archéologiques et les dossiers des services de renseignement afin de juger plus tard les responsables.

Les LCC appellent également à "préparer des centres de premiers secours, des abris, des générateurs et des provisions".

Outre les Scud, des bombes incendiaires de fabrication soviétique ont été utilisées à quatre reprises au moins depuis la mi-novembre, déplore HRW.

Cette escalade intervient au moment où le grand allié russe de Damas a évoqué pour la première fois une éventuelle "victoire de l'opposition".

"Le régime et le gouvernement syriens perdent de plus en plus le contrôle du pays", a déclaré un vice-ministre russe des Affaires étrangères, Mikhaïl Bogdanov, ajoutant que Moscou préparait un plan d'évacuation de ses ressortissants.

Mercredi, une vague d'attentats a secoué Damas, la ville la plus sécurisée du pays, et sa périphérie, faisant 13 morts et blessant le ministre de l'Intérieur.

Trois attaques, dont l'une à la voiture piégée, ont visé le ministère de l'Intérieur, faisant neuf morts, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), dont le député Abdallah Qirouz, membre du Parti national social syrien, pro-régime, et huit militaires.

Le ministre, Mohammad Ibrahim al-Chaar, a été blessé, selon une source de sécurité, alors que les médias officiels avaient affirmé aussitôt après l'attaque qu'il se portait bien.

Au même moment, l'opposition recevait le soutien de poids des Arabes et des Occidentaux qui l'ont reconnue comme le "représentant légitime" des Syriens, son chef recevant une invitation officielle à Washington.

Jeudi, 16 personnes dont sept enfants, ont été tuées par l'explosion d'une voiture piégée à Qatana, banlieue sud-ouest de Damas, selon l'agence officielle Sana, qui a accusé des "terroristes".

De son côté, l'OSDH a affirmé que 17 personnes avaient péri, dont sept enfants et deux femmes, précisant que l'attaque avait visé les résidences de militaires et leurs familles.

Selon un premier bilan de l'ONG, qui a recensé plus de 42.000 morts depuis le début du conflit en mars 2011, 40 personnes ont péri à travers le pays jeudi.

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