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13/12/2012 12:56 EST | Actualisé 12/02/2013 05:12 EST

Les syndicats dénoncent le projet de loi C-377

Le milieu syndical s'inquiète de l'adoption du projet de loi fédéral C-377 qui obligera les syndicats à dévoiler publiquement l'usage de leurs fonds. Le projet controversé a été adopté mercredi soir par 147 voix contre 135.

Pour les syndicats, il s'agit d'une mesure qui vise avant tout à les affaiblir.

Le président de la Confédération des syndicats nationaux (CSN), Jacques Létourneau, soutient que les syndicats sont déjà tenus de respecter un ensemble de règles et de faire preuve de transparence.

« Ce qu'on doit décoder, c'est que derrière ce discours de transparence, se cache quelque chose de profondément plus inquiétant qui est lié à la place et à la présence des organisations syndicales dans notre société. On essaie de jouer un peu le contexte, le débat public autour de la question de la transparence pour forcer les organisations syndicales à aller sur un autre terrain. On n'est plus sur un terrain fiscal, mais on est carrément sur un terrain de relations de travail », a-t-il déclaré.

Il s'inquiète de voir que les syndicats devront dévoiler leur stratégie, alors que ce ne sera pas le cas des employeurs.

L'Alliance sociale, qui regroupe sept organisations syndicales et deux fédérations étudiantes québécoises, s'oppose fortement au projet, dénonçant « la volonté de paralyser l'activité syndicale et de laisser croire à la population que les organisations syndicales ont des activités louches, qu'elles sont antidémocratiques et qu'elles doivent être mises au pas. »

Quant au Syndicat des travailleurs unis de l'alimentation et du commerce (TUAC), il se soucie des coûts administratifs qu'entraînera le projet de loi.

Réaction de Québec

Agnès Maltais, ministre du Travail, s'inquiète, elle aussi, des conséquences du projet de loi sur les relations de travail au Québec. Elle craint notamment une rupture du rapport de force entre employeurs et syndicats.

« Pour les petits syndicats, on va briser le rapport de force. Par exemple, s'il y a une grève, le syndicat ne sait pas dans quelles conditions financières est l'entreprise, mais l'entreprise va maintenant pouvoir savoir s'il y a un fond de grève et dans quelles conditions financières ils sont, etc. C'est ce que j'appelle créer les conditions financières d'un déséquilibre. »

Qui plus est, elle mentionne que selon certains experts, le projet de loi empiéterait sur les compétences du gouvernement québécois.

Projet de loi C-377