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13/12/2012 02:24 EST | Actualisé 12/02/2013 05:12 EST

Les Italo-Canadiens demandent à Ottawa le droit de voter au scrutin italien

Les Italiens du Canada ont demandé jeudi au Premier ministre conservateur Stephen Harper de les autoriser à voter aux législatives italiennes attendues en avril pour élire deux députés et un sénateur dans la circonscription d'Amérique du Nord et d'Amérique centrale.

Le gouvernement conservateur d'Ottawa s'oppose, invoquant une "question de souveraineté", à ce que des parlementaires étrangers soient élus pour représenter une circonscription dont le Canada fait partie.

Le Canada a fait connaître sa position lors des élections tunisiennes en 2011 et françaises en juin dernier, sans pour autant empêcher matériellement les ressortissants des pays concernés de voter dans leurs locaux diplomatiques.

Quatre membres du Conseil général des Italiens à l'Etranger, basés à Montréal, Toronto, Vancouver et Edmonton, ont adressé à M. Harper une lettre dont l'un d'entre eux, Giovanni Rapanà, a remis le texte aux médias lors d'une conférence de presse à Montréal.

Ils y évoquent la "grande inquiétude" au sein de la communauté italienne au Canada - comptant environ 140.000 électeurs inscrits - et des deux millions de Canadiens d'origine italienne.

Jusqu'à présent, a indiqué M. Rapanà, le gouvernement canadien n'a pas répondu à la demande d'autorisation de procéder au scrutin qui lui avait été adressée par l'ambassade italienne.

Interrogé par l'AFP, le porte-parole du ministère canadien des Affaires étrangères Rick Roth a réaffirmé la position de son gouvernement.

"Aucune autorisation n'a été accordée à l'Italie pour inclure le Canada dans une circonscription électorale extraterritoriale", a-t-il déclaré dans un courriel.

"Des campagnes électorales étrangères au Canada pourraient être axées sur des problèmes politiques canadiens et/ou sur des querelles bilatérales, ce qui serait préjudiciable au sentiment d'appartenance et d'identité et à la cohésion sociale", a ajouté le porte-parole.

Contrairement à la France et à la Tunisie, l'Italie n'a pas l'intention de faire voter ses citoyens sans le feu vert du Canada, a ajouté M. Rapanà.

C'est d'ailleurs ce que prévoit explicitement la loi italienne: un scrutin ne peut être tenu à l'étranger qu'avec la permission du pays concerné.

Reste que le Canada est le seul pays au monde où l'on se heurte à ce genre de problème, a relevé M. Rapanà.

L'Assemblée nationale du Québec --le parlement de la province francophone canadienne-- a voté le 7 décembre une résolution demandant au gouvernement fédéral de faciliter le vote des Italiens du Canada.

L'attitude du gouvernement canadien pourrait avoir des effets financiers désastreux pour l'Italie: selon la loi électorale, un Italien qui se trouve à l'étranger et souhaite voter peut se rendre en Italie pour le faire et se faire rembourser 75% du prix de son billet d'avion.

"Imaginez qu'un Italien du Canada sur dix, soit 14.000 personnes, le fasse... Ce sera une facture de plusieurs millions de dollars", a observé M. Rapanà.

via/sab/lor