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13/12/2012 04:01 EST | Actualisé 11/02/2013 05:12 EST

L'AIEA à Téhéran pour des négociations sur le nucléaire

Une équipe de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) est arrivée jeudi à Téhéran pour un nouveau round de discussions sur le programme nucléaire iranien, avec l'espoir d'accéder à un site sensible après plusieurs mois de vaines négociations.

Rien n'a filtré sur l'avancée des entretiens entre la délégation, menée par le Belge Herman Nackaerts, et les responsables du programme nucléaire iranien au siège de l'Organisation iranienne de l'énergie atomique. Les médias iraniens restaient pour leur part silencieux sur le déroulement des discussions, alors que les inspecteurs onusiens devaient quitter l'Iran en soirée.

Lors de cette visite, ils souhaitent notamment avoir accès à un site suspect sur la base militaire de Parchin, près de Téhéran, dans le cadre de leur enquête sur la finalité du programme nucléaire controversé de l'Iran, soupçonné de vouloir se doter de l'arme atomique.

L'AIEA soupçonne l'Iran d'y avoir procédé à des tests de détonateurs susceptibles d'être utilisés pour déclencher une arme atomique, et tente sans succès depuis le début de l'année de se rendre sur place pour l'inspecter.

"Si l'Iran nous garantissait l'accès, nous saluerions cette chance et serions prêts à y aller", a déclaré mercredi M. Nackaerts avant son départ pour Téhéran. Selon un diplomate, "deux experts techniques", en mesure de procéder à des vérifications à Parchin s'ils y sont invités, sont parmi les sept membres de la délégation.

Mais l'agence iranienne Isna avait indiqué, à l'arrivée des inspecteurs jeudi dans la nuit, qu'"aucune visite ou inspection de site nucléaire ou d'autres sites" n'était prévue.

Plus largement, l'AIEA tente de conclure avec Téhéran un accord, négocié depuis début 2012, sur une "approche structurée" donnant à ses inspecteurs un accès plus large à des sites, individus ou documents, susceptibles de lever les doutes sur l'existence d'un objectif militaire caché derrière le programme nucléaire civil iranien.

Plusieurs réunions, et même le voyage éclair à Téhéran en mai du directeur général de l'agence Yukiya Amano, se sont soldés par des échecs.

Le régime iranien, qui jure ne pas chercher à se doter de l'arme atomique, a indiqué pour sa part que les discussions de jeudi seraient centrées "sur les droits nucléaires de l'Iran", notamment l'enrichissement d'uranium, condamné par le Conseil de sécurité de l'ONU.

Téhéran fait valoir que les demandes de l'AIEA excèdent les obligations de l'Iran dans le cadre du Traité de non-prolifération nucléaire (TNP) dont il est signataire.

Mais l'Iran est aussi prêt à "discuter de certains sujets qui pourraient être source d'inquiétude pour les responsables de l'agence", a affirmé le porte-parole de la diplomatie, Ramin Mehmanparast, sans plus de précision.

En novembre 2011, l'agence onusienne avait publié un rapport sévère sur l'Iran. Il contenait une liste d'éléments présentés comme crédibles indiquant que le pays avait travaillé à la mise au point de l'arme atomique avant 2003, et peut-être ensuite.

Une avancée des discussions avec l'AIEA serait de bon augure dans la perspective d'une reprise prochaine des négociations entre l'Iran et le groupe des 5+1 (Etats-Unis, Chine, Russie, Grande-Bretagne, France et Allemagne) sur la question nucléaire.

Les grandes puissances ont soumis l'Iran a une série de sanctions internationales dans la foulée de ses condamnations répétées par le Conseil de sécurité de l'ONU.

Les discussions sont au point mort depuis le printemps mais des contacts sont actuellement en cours entre Téhéran et les 5+1, représentés par la chef de la diplomatie européenne Catherine Ashton.

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