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12/12/2012 05:02 EST | Actualisé 11/02/2013 05:12 EST

USA: la Fed crée toujours plus de monnaie et révolutionne sa communication

La banque centrale des Etats-Unis (Fed) a décidé mercredi d'intensifier encore sa création monétaire pour soutenir la reprise de l'économie américaine et a révolutionné sa communication relative à l'évolution de son taux directeur, au plancher depuis quatre ans.

Le Comité de politique monétaire de la Fed (FOMC) a annoncé le lancement d'un nouveau programme de rachats de bons du Trésor à long terme à partir de janvier, à hauteur de 45 milliards de dollars par mois, montant qui pourra être ajusté ultérieurement en fonction des circonstances.

Ces rachats doivent succéder à "l'opération Twist" par laquelle la Fed augmente depuis septembre 2011 la maturité moyenne de son portefeuille d'obligations du Trésor sans créer de monnaie, et qui s'achève à la fin du mois.

Ils s'ajouteront aux 40 milliards de dollars de titres adossés à des créances hypothécaires que la Réserve fédérale achète sur les marchés chaque mois depuis septembre.

Le FOMC précise que la banque centrale poursuivra tous ces rachats "tant que la perspective du marché du travail ne s'améliorera pas nettement".

Combinées au maintien du taux directeur de la Fed dans la fourchette de fluctuation de 0 à 0,25% qui lui est assignée depuis décembre 2008, ces mesures exceptionnelles sont censées soutenir la reprise en maintenant une pression maximale sur les taux d'intérêt, du plus court au plus long terme, afin de stimuler l'investissement, la consommation et le marché immobilier.

Le Comité a d'autre part décidé de lier à trois facteurs économiques concomitants le maintien de son taux directeur à quasi zéro.

La Fed gardera celui-ci au plancher tant que le taux de chômage officiel (aujourd'hui à 7,7%) restera au-dessus de 6,5%, que les perspectives d'inflation à moyen terme ne dévieront pas de plus d'un demi-point par rapport à l'objectif de la Fed (2,0%), et que "les attentes d'inflation à plus long terme resteront bien arrimées", souligne son communiqué.

Cette décision a surpris les analystes, qui estimaient dans l'ensemble que le consensus était encore loin d'exister sur ce sujet au sein du FOMC.

Le président de la Fed, Ben Bernanke, a indiqué que cette décision ne modifiait pas la date à laquelle le Comité pensait devoir relever son taux directeur (2015) mais qu'elle apportait "davantage de clarté" sur les intentions de la Réserve fédérale et que cet effort de communication devrait contribuer à rendre la politique monétaire plus efficace.

La Fed a pour mission d'assurer le plein emploi et la stabilité des prix, et son chef a indiqué que sa nouvelle communication ne changeait "en rien" l'équilibre délicat que la banque centrale cherche à obtenir entre ces deux objectifs.

Mais plusieurs analystes parlent d'une vrai révolution, comme Joel Naroff, de Naroff Economic Advisors, pour qui il est désormais évident que "la clef (de la politique future de la Fed) sera le taux de chômage".

La Fed a revu en légère baisse son pronostic de croissance économique pour 2013, à 2,3-3,0% en glissement annuel au dernier trimestre (contre une estimation de 2,5%-3,0% en septembre), mais ses nouvelles prévisions économiques montrent que le plein emploi, qu'elle situe à un taux de chômage compris entre 5,2 et 6,0%, ne sera pas atteint avant 2016.

M. Bernanke a rappelé que les modifications de la politique monétaire ne faisant sentir leurs effets sur l'économie réelle qu'avec retard, la Réserve fédérale relèverait son taux directeur nécessairement avant que le plein emploi soit atteint.

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