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12/12/2012 01:50 EST | Actualisé 11/02/2013 05:12 EST

Torture: les témoignages des accusés du 11-Septembre gardés secrets (juge)

Le juge militaire de Guantanamo a ordonné que tous les témoignages des accusés du 11-Septembre concernant les abus qu'ils ont subis pendant leur détention secrète, soient gardés classifiés et soient débattus à huis clos en l'absence des médias et du public.

Dans un jugement daté du 6 décembre mais dévoilé mercredi sur le site internet des tribunaux militaires d'exception, le juge James Pohl a approuvé la demande du gouvernement américain de maintenir le caractère secret de ces témoignages au nom de la sécurité nationale.

Ce jugement concerne toutes les informations susceptibles d'être soulevées à l'audience concernant "les détails autour de la capture des accusés", les pays où ils ont été détenus au secret de 2003 à 2006 pour quatre d'entre eux, "les noms, les identités, les descriptions des personnes impliquées dans leur capture, leur transfèrement, leur détention ou leurs interrogatoires", "les techniques d'interrogatoire renforcées" ou la "description de leur lieu de détention".

Le juge a ainsi donné satisfaction au gouvernement américain sur les documents et les témoignages du cerveau présumé des attentats du 11-Septembre, le Pakistanais Khaled Cheikh Mohammed, et ses quatre co-accusés, qui tous encourent la peine de mort.

Il a aussi décidé, également à la demande du gouvernement, "d'institutionnaliser une pratique utilisée depuis plusieurs années, baptisée la règle des 40 secondes", qui impose un différé dans la retransmission des débats, y compris dans la salle d'audience. "Ce délai permet au tribunal d'évaluer et d'empêcher toute publication intentionnelle ou par erreur d'informations classifiées", a écrit le juge.

"Le tribunal juge que cette affaire implique des informations classifiées sur la sécurité nationale, y compris des informations Top Secret dont la publication serait préjudiciable à la sécurité nationale", a encore écrit le juge.

Une organisation des droits de l'homme, l'ACLU, et 13 médias s'étaient formellement opposés au secret des débats lors d'une audience en octobre sur la base navale américaine de Guantanamo à Cuba.

chv/bdx