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12/12/2012 07:03 EST | Actualisé 11/02/2013 05:12 EST

Mali : la crise persiste malgré la nomination d'un nouveau premier ministre

Négociation politique ou intervention militaire pour résoudre la crise dans le nord du pays? Le dilemme reste entier pour le nouveau premier ministre du Mali, Diango Cissoko, nommé après le départ forcé de son prédécesseur Cheick Modibo Diarra qui, lui, était favorable à une intervention militaire.

La tâche du nouveau premier ministre semble ardue. Il devra surtout convaincre le capitaine Amadou Haya Sanogo, qui a contraint M. Diarra à démissionner mardi, de la pertinence d'une intervention militaire étrangère dans le nord du pays, qui est sous la coupe de plusieurs groupes armés islamistes depuis plusieurs mois.

Le capitaine Sanogo dit ne pas être opposé à l'envoi d'une force étrangère « tant que cela peut sauver des populations maliennes », mais il est réticent à un tel déploiement. Il préfère une intervention militaire malienne avec une aide logistique internationale.

L'officier explique à mots couverts que l'armée n'a pas les capacités de faire face aux groupes armés qui ont bouté les soldats maliens du nord en quelques jours seulement.

Le nouveau premier ministre, qui s'attèle à former son gouvernement, n'a pas donné de précisions sur les suites du dialogue entamé par l'ancien gouvernement avec le groupe islamiste Ansar Dine et les séparatistes touaregs du Mouvement national de libération de l'Azawad (MNLA).

Menées avec la médiation du président burkinabé Blaise Compaoré, les négociations ont dans un premier temps abouti à une déclaration de principe d'Ansar Dine, dans laquelle il renonce au terrorisme.

Blaise Compaoré espère que le nouvel exécutif « s'attèlera avec beaucoup de détermination à assurer un dialogue intérieur beaucoup plus fécond, à mobiliser réellement l'ensemble des composantes politiques et sociales du Mali pour gérer cette crise » et « à se mettre à notre disposition dans le processus de paix ».

 La question de l'intervention divise Américains et Français

Les 15 pays membres du Conseil de sécurité ont souligné mardi leur engagement « à autoriser dès que possible » l'envoi d'une force internationale de 3300 hommes.

L'intervention militaire semble diviser Paris et Washington. Si la France pèse de tout son poids pour accélérer l'intervention dans cette ancienne colonie, les États-Unis sont plus hésitants et privilégient l'option de la négociation dans un premier temps.

Le dossier malien sera au menu de la visite du président français François Hollande en Algérie les 19 et 20 décembre.

Paris parle d'un « défi commun » et espère renforcer la coopération bilatérale, notamment en matière de renseignement.

Mais l'Algérie, qui partage une longue frontière avec le Mali, a refusé jusqu'ici de participer à une intervention militaire, privilégiant le dialogue y compris avec le groupe armé islamiste Ansar Dine, au sujet duquel Paris a des réticences.