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12/12/2012 10:18 EST | Actualisé 11/02/2013 05:12 EST

Lucas Moura, dernier récital avant le grand saut parisien

Recruté à prix d'or (43 millions d'euros) l'été dernier par le PSG, le prodige brésilien Lucas Moura compte bien offrir un dernier récital aux supporteurs du FC Sao Paulo, mercredi en finale de la Copa Sudamericana, avant de rejoindre l'ambitieux club parisien.

Ce gamin de 20 ans aux jambes de feu espère quitter le Brésil sur un titre face aux Argentins de Tigre (0-0 à l'aller). Mais Paris est déjà dans un coin de sa tête.

"D'ici peu, je serai avec vous, vous pouvez être certains que je vais tout donner, a-t-il déclaré à l'AFP. L'envie et la détermination pour gagner ne vont pas me manquer, car quand je suis sur le terrain, c'est pour gagner et j'espère que tous ensemble nous allons être champions !".

Une fois à Paris, il va devoir se faire un nom au milieu des Ibrahimovic, Pastore et Thiago Silva. Ou plutôt un prénom. Parce qu'au Brésil, personne ne l'appelle Moura. C'est Lucas, point barre.

Rien n'a pourtant été simple pour Lucas Rodrigues Moura da Silva, qui a effectué ses débuts professionnels le 8 août 2010 sous le maillot du FC Sao Paulo contre l'Atletico Paranaense.

Bénéficiaire dès cinq ans du projet social de Marcelinho Carioca, star emblématique dans les années 1990 des Corinthians, l'autre grand club de la mégapole pauliste, c'est avec une tunique floquée au nom de... Marcelinho qu'il entame sa carrière de footballeur.

Le FC Sao Paulo, qui a flairé l'oiseau rare, le chipe à son grand rival dès l'âge de 13 ans en lui offrant un logement dans son centre de formation, une école toute proche et un suivi complet, le petit Lucas ayant des problèmes de croissance.

Quatre ans plus tard, c'est déjà la consécration avec la signature de son premier contrat professionnel. Ironie du sort, c'est justement l'ancien défenseur parisien Ricardo qui est allé le dénicher chez les jeunes sur les conseils de Sergio Baresi, l'entraîneur des moins de 20 ans.

"Nous avons beaucoup travaillé avec lui pour qu'il apprenne à canaliser son pouvoir d'accélération et qu'il l'utilise à bon escient. Avant, il partait en dribbles à chaque fois qu'il touchait le ballon. Aujourd'hui, il sait choisir le bon moment et il y a beaucoup moins de déchet dans son jeu", a expliqué à l'AFP Baresi, qui fut le premier à l'aligner comme titulaire chez les pros en prenant les rênes de l'équipe après le départ de Ricardo.

En très peu de temps, Lucas montre aussi qu'il a une forte personnalité. Un mois après ses grands débuts en première division, il annonce publiquement lors d'une conférence de presse qu'il veut être appelé "par son nom de baptême".

"Je veux écrire ma propre histoire dans le foot, je ne veux être comparé à personne", martèle-t-il à l'époque.

Six mois plus tard, en mars 2011, c'est bien avec "Lucas" floqué sur le maillot que la sélection brésilienne lui ouvre ses portes en grand pour un amical contre l'Ecosse.

Malgré la pression populaire, le sélectionneur de l'époque Mano Menezes ne l'utilise qu'avec parcimonie, comme une sorte de joker de luxe chargé de mettre le feu en fin de match, avec sa vitesse de pointe et ses dribbles chaloupés.

Pendant ce temps-là, il flambe en club et attire l'attention des plus grands clubs européens. Pour se protéger, le FC Sao Paulo fixe une clause libératoire prohibitive: 80 millions d'euros, près du double de celle de Neymar à l'époque.

Au final, le PSG a raflé la mise pour un peu plus de la moitié, à condition de le laisser six mois de plus à son club formateur.

A lui de montrer désormais qu'il est capable de devenir une star en Europe, au pays de son idole d'enfance, un certain Zinedine Zidane.

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