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12/12/2012 12:37 EST | Actualisé 11/02/2013 05:12 EST

Les forces syriennes accusées d'avoir tiré des missiles Scud contre les rebelles

BEYROUTH - Les forces gouvernementales syriennes ont tiré des missiles Scud contre les insurgés au cours des derniers jours, ont accusé des responsables américains mercredi.

Deux responsables ont déclaré, sous le couvert de l'anonymat, que l'armée du président Bachar el-Assad avait tiré des missiles à partir de la région de Damas en direction du nord de la Syrie. Ces responsables ont demandé que leur nom ne soit pas publié parce qu'ils n'étaient pas autorisés à discuter du dossier publiquement.

Cette information survient alors que plus de 100 pays, dont les États-Unis, ont formellement reconnu mercredi la nouvelle coalition de l'opposition syrienne lors d'une conférence internationale au Maroc. Cette reconnaissance devrait ouvrir la voie à une plus grande assistance humanitaire à l'opposition et aux rebelles qui tentent de renverser le régime.

L'un des responsables américains a souligné que rien n'indiquait que les missiles contenaient des munitions chimiques. Au cours des dernières semaines, des responsables avaient dit craindre que l'avancée des rebelles ne pousse l'armée syrienne à recourir aux armes chimiques.

Ce responsable a estimé qu'au moins une demi-douzaine de missiles Scud avaient été tirés par les forces gouvernementales, confirmant une information rapportée par le «New York Times».

Le secrétaire de presse de la Maison-Blanche, Jay Carney, a déclaré devant les journalistes qu'il ne pouvait confirmer ces informations, mais que si elles étaient vraies, elles témoigneraient du désespoir des forces de Bachar el-Assad.

«L'idée que le régime syrien lance des missiles à l'intérieur de ses frontières, contre son propre peuple, est stupéfiante, déspérée et représente une escalade militaire complètement disproportionnée», a-t-il dit.

L'organisation Human Rights Watch a pour sa part déclaré mercredi que l'armée syrienne avait utilisé des bombes incendiaires tirées des airs à au moins quatre endroits depuis la mi-novembre.

Ces bombes peuvent contenir toutes sortes de substances inflammables, notamment du napalm, de la thermite ou du phosphore blanc, et visent à mettre le feu à des lieux ou à causer des brûlures. Les bombes incendiaires ne sont pas considérées comme des armes chimiques.

La télévision syrienne a par ailleurs annoncé mercredi qu'une explosion avait touché l'édifice du ministère de l'Intérieur à Damas, mais n'a pas fait état de victimes.

À Marrakech, au Maroc, plus de 100 pays ont reconnu mercredi la Coalition nationale syrienne, formée en novembre au Qatar sous la pression de la communauté internationale, qui réclamait une entité plus organisée et représentative pour fournir de l'aide à l'opposition.

Les pays participants ont également annoncé une nouvelle aide humanitaire pour les Syriens, dont 100 millions $ US provenant de l'Arabie saoudite et un fonds géré par l'Allemagne et les Émirats arabes unis pour reconstruire le pays après la chute du régime.

Le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, a estimé que la réunion des «Amis de la Syrie» au Maroc représentait un «progrès extraordinaire». Il a souligné que l'Union européenne renouvelait maintenant son embargo sur les armes en Syrie tous les trois mois plutôt qu'annuellement, afin de mieux s'adapter à l'évolution de la situation sur le terrain.

«Nous voulons avoir la capacité de poursuivre ou de changer notre attitude sur ce point. Le fait que la coalition, qui demande le droit de se défendre, soit maintenant reconnue par une centaine de pays (...) est un point très important», a dit M. Fabius.

Le communiqué final de la conférence affirme que le président syrien a perdu toute légitimté, mais ne va pas jusqu'à réclamer son départ. Le communiqué prévient aussi que l'utilisation d'armes chimiques en Syrie entraînera «une réponse sérieuse» de la communauté internationale.

«Je pense que de toutes les réunions que nous avons eues jusqu'à présent avec les amis de la Syrie, celle-ci apparaîtra comme la plus significative», a déclaré le secrétaire du Foreign Office britannique, William Hague.