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12/12/2012 08:11 EST | Actualisé 11/02/2013 05:12 EST

Les Amis de la Syrie vont reconnaître la Coalition comme seul représentant

Les Amis du peuple syrien, un groupe rassemblant les principaux soutiens arabes et occidentaux aux rebelles, vont reconnaître la nouvelle Coalition de l'opposition comme le "représentant légitime" du peuple syrien mercredi lors d'une réunion au Maroc.

Cette décision permettrait de renforcer encore un peu plus la légitimité de cette Coalition, un an et demi après le début de la révolte contre le régime de Bachar al-Assad qui s'est transformée en guerre civile.

Les participants "reconnaissent la Coalition nationale (syrienne) comme le représentant légitime du peuple syrien", est-il écrit dans un document qui doit être soumis à adoption lors de la réunion à Marrakech (sud) et dont l'AFP a obtenu une copie.

Le chef de la diplomatie française Laurent Fabius a exhorté les participants à reconnaître également individuellement cette Coalition.

"Nous le faisons globalement, mais il faut que chacun de nous, dans son pays, si ça n'a pas déjà été fait, le fasse", a-t-il dit.

"Bachar al-Assad a perdu toute légitimité et devrait renoncer (au pouvoir) afin de permettre le déclenchement d'un processus politique de transition", est-il en outre précisé dans le texte.

Le document prévient en outre Damas que l'utilisation d'armes chimiques --comme certains pays en ont émis la crainte-- entraînerait une "réponse sévère" de la communauté internationale, sans autre détail.

Le groupe, qui se retrouve pour la quatrième fois au niveau ministériel, rassemble plus d'une centaine de pays occidentaux et arabes, d'organisations internationales et des représentants de l'opposition au régime de Bachar al-Assad.

Cette réunion est la première depuis l'annonce, il y a un mois à Doha, de l'unification de l'opposition, sous pression américaine notamment.

Emboîtant le pas de pays comme la France et la Grande-Bretagne, les Etats-Unis ont reconnu la Coalition mardi soir.

Peu auparavant, Washington avait placé les rebelles du Front al-Nosra sur sa liste des organisations terroristes étrangères. Ce groupe a revendiqué la plupart des attentats suicide en Syrie et s'est imposé en 2012 sur la quasi-totalité des fronts.

Cette décision a été condamnée par un chef du conseil militaire de l'Armée syrienne libre (ASL, composée de déserteurs et de civils ayant pris les armes) de la région d'Alep (nord), et qualifié d'"erreur" par les Frères musulmans syriens.

La Coalition avait récemment annoncé la création d'un nouveau commandement militaire qui chapeautera la plupart des groupes rebelles, soulignant que ce mouvement jihadiste en serait exclu, afin de dissiper les craintes internationales qu'une aide ne tombe entre les mains de tels groupes.

Des responsables de l'administration américaine ont cependant indiqué que Washington n'avait pas l'intention de fournir d'armes aux rebelles.

La Russie, alliée du régime syrien qui prône le dialogue entre pouvoir et opposition, a estimé de son côté qu'avec la reconnaissance de la Coalition, les Etats-Unis misaient "sur une victoire par les armes" de l'opposition.

A Marrakech, le ministre britannique des Affaires étrangères, William Hague, a qualifié de "réel progrès" les reconnaissances engrangées par la Coalition: lundi, l'UE a aussi fait un pas de plus en la qualifiant de "représentant légitime" et en recevant son président Ahmed Moaz al-Khatib.

La Belgique a proposé mercredi à la Coalition d'ouvrir une représentation à Bruxelles, siège des institutions de l'UE et de l'Otan.

"Le point majeur désormais est de faire parvenir plus d'aide par leur intermédiaire (...), dans notre cas une aide non létale, et bien évidemment plus d'aide humanitaire", a poursuivi M. Hague.

En 21 mois, les violences ont fait plus de 42.000 morts, selon une ONG syrienne, et un demi-million de réfugiés selon le Haut-commissariat de l'ONU pour les réfugiés.

"Le montant de l'aide dont nous avons besoin et que nous attendons est énorme, et nous comptons vraiment sur nos amis et alliés", a souligné mardi auprès de l'AFP un porte-parole de la Coalition syrienne, Yasser Tabbara.

Sur le terrain, les violences ne connaissaient aucun répit avec deux attentats à Damas et sa banlieue qui ont fait au moins un mort et plusieurs blessés, selon l'agence officielle Sana.

Un total de 114 personnes ont été tuées mardi dans le pays, dont 16 soldats, 49 rebelles et 49 civils, selon l'OSDH.

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