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12/12/2012 03:48 EST | Actualisé 11/02/2013 05:12 EST

Le nouveau premier ministre malien promet de reprendre le contrôle du nord

BAMAKO, Mali - Le nouveau premier ministre malien a promis mercredi d'accorder la priorité aux problèmes dans le nord du pays, après la démission forcée la veille de son prédécesseur, qui a été placé en résidence surveillée par les militaires à l'origine du coup d'État du mois de mars.

Les troubles politiques survenus cette semaine soulèvent des inquiétudes quant à la stabilité du Mali, alors que la communauté internationale envisage d'appuyer une intervention militaire avec l'armée malienne pour chasser les islamistes qui contrôlent le nord du pays.

Django Sissoko, un fonctionnaire expérimenté, a été nommé mardi soir comme nouveau premier ministre du gouvernement de transition, d'abord mis sur pied après le coup d'État.

M. Sissoko a déclaré que le nouveau gouvernement se concentrerait sur la crise dans le nord, où des islamistes radicaux ont procédé à des exécutions publiques, des amputations et des flagellations dans une volonté d'appliquer leur interprétation stricte de la loi islamique.

Le premier ministre a entamé des démarches pour former un nouveau gouvernement, dont la composition devrait être annoncée à la fin de la semaine.

Django Sissoko a fait ces commentaires après s'être entretenu avec le président par intérim, Dioncounda Traoré. Il a promis de s'attaquer énergiquement aux dossiers les plus urgents.

«Le président m'a exposé ses priorités (...) qui sont de reprendre le nord et d'organiser des élections crédibles avant la fin de la période de transition», a dit M. Sissoko après sa rencontre avec M. Traoré.

La démission forcée du premier ministre Cheikh Modibo Diarra a suscité de vives critiques des Nations unies, des États-Unis, de l'Union africaine et de la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO), entre autres.

Le président de la commission de l'Union africaine a fermement condamné les récents événements au Mali et a appelé à «la subordination complète de l'armée et des forces de sécurité à l'autorité civile».

Cette démission forcée risque de rendre les pays occidentaux plus réticents à s'impliquer dans une intervention militaire dans le nord du Mali, a prévenu mardi le ministre allemand des Affaires étrangères, Guido Westerwelle.

«Une chose est certaine: notre offre d'aide devra s'accompagner d'un retour crédible à l'ordre constitutionnel au Mali», a-t-il déclaré dans un communiqué. «Ce n'est que de cette façon que la crise dans le nord du Mali peut être résolue. (...) Tous les leaders politiques du pays doivent maintenant agir de façon responsable afin que le Mali retrouve la stabilité.»