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12/12/2012 09:48 EST | Actualisé 11/02/2013 05:12 EST

Il faut des outils pour contrer la cyber-intimidation, dit un rapport du Sénat

OTTAWA - Les sites de réseaux sociaux comme Facebook doivent s'assurer que les jeunes qui sont la cible de cyber-intimidation puissent plus facilement signaler ce qu'ils subissent et forcer le retrait du matériel offensant, affirme un comité parlementaire qui s'est penché sur le sujet.

Le rapport du comité sénatorial permanent des droits de la personne sur la cyber-intimidation — qui est le fruit d'une étude d'un an basée sur les témoignages de chercheurs, de professionnels de la santé mentale et d'élèves — recommande avec insistance une approche communautaire pour faire face au problème.

Cela veut dire que les victimes, les parents, les agresseurs, les enseignants et les élèves devront tous faire partie de la solution, a fait valoir la sénatrice Mobina Jeffer, qui préside le comité.

Elle a indiqué en conférence de presse qu'aucune victime de cyber-intimidation qui a témoigné n'a mentionné qu'il voulait voir ses agresseurs punis. Tout repose sur l'éducation, a-t-elle fait valoir, et les jeunes doivent apprendre à réfléchir à ce qu'ils mettent en ligne.

Lors de son témoignage au comité en avril, la professeure d'éducation Shaheen Shariff de l'Université McGill a expliqué que l'intimidation est moins un problème dans les écoles où les parents et les enfants travaillent ensemble à développer des programmes et à faire face aux conséquences de la cyber-intimidation.

La professeure Shelley Hymel de l'Université de la Colombie-Brtitannique a également témoigné que des programmes impliquant la communauté entière ont aidé des écoles à réduire jusqu'à 40 pour cent leurs taux de cyber-intimidation.

Le rapport du comité souligne que lorsqu'il s'agit d'enfants, le système de justice criminelle est seulement approprié dans les cas les plus extrêmes et qu'à cause de la nature compliquée des relations de cyber-intimidation, d'autres approches que la tolérance zéro ou la discipline devraient être explorées.

Le rapport survient seulement deux mois après le suicide, hautement médiatisé, de l'adolescente britanno-colombienne Amanda Todd. Avant sa mort, elle avait mis sur YouTube une vidéo poignante dans laquelle elle décrivait l'intimidation dont elle avait fait l'objet sur le net.