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12/12/2012 06:34 EST | Actualisé 11/02/2013 05:12 EST

Egypte: un Copte condamné à trois ans de prison pour atteinte à la religion

Un Egyptien chrétien accusé d'avoir publié sur internet des extraits d'un film islamophobe réalisé aux Etats-Unis, qui avait provoqué la colère dans le monde musulman, a été condamné mercredi à trois ans de prison par un tribunal de la banlieue du Caire.

Albert Saber, 27 ans, a été condamné pour "dénigrement des religions", ont indiqué une source judiciaire et l'agence officielle Mena.

Il était inculpé de blasphème, d'insulte à la religion et d'incitation à la sédition dans des publications sur internet, et risquait jusqu'à cinq ans de détention.

Le jeune homme de confession copte (chrétien d'Egypte) s'était déclaré innocent à l'ouverture de son procès le 26 septembre, et avait accusé les autorités de l'avoir questionné sur sa foi durant les interrogatoires.

"Je n'ai rien fait de ce dont ils m'accusent", a-t-il dit à l'époque à l'AFP. "L'enquête était religieuse (...) On m'a demandé si je croyais au Coran et (on m'a posé des questions) sur ma religion", avait-il ajouté.

Des voisins avaient alerté les autorités en affirmant qu'il avait publié sur internet des extraits de "L'Innocence des musulmans", un brûlot à petit budget qui dépeint le prophète Mahomet comme un voyou aux pratiques déviantes et a provoqué en septembre dernier des réactions violentes dans plusieurs pays musulmans.

Albert Saber avait été arrêté à son domicile du Caire le 13 septembre et placé en détention.

Son avocat avait affirmé qu'Albert Saber avait lancé des débats sur la religion sur internet et "critiqué les religieux fondamentalistes". Il avait accusé les autorités de se servir de ce procès pour calmer la colère de la population, en grande majorité musulmane, contre ce film.

L'affaire a provoqué l'inquiétude d'organisations de défense des droits de l'Homme et fait craindre pour la liberté d'expression sous le président islamiste Mohamed Morsi.

L'organisation de défense des droits de l'homme Amnesty International a qualifié le verdict de "scandaleux". "Son seul +crime+ a été de diffuser son opinion sur internet", a déclaré dans un communiqué Hassiba Hadj Sahraoui, responsable d'Amnesty pour le Moyen-Orient et l'Afrique du Nord.

Les Coptes critiquent les autorités égyptiennes pour ce qu'ils qualifient de "deux poids deux mesures" lorsqu'il s'agit d'affaires de blasphème et d'insulte à la religion.

Le 28 novembre dernier, un tribunal du Caire a condamné à mort par contumace sept chrétiens coptes égyptiens et un pasteur américain controversé pour leur implication dans ce film.

Les chrétiens égyptiens, dont le réalisateur du film, se trouvent tous aux Etats-Unis, ainsi que le pasteur américain, Terry Jones, à la tête d'une petite congrégation en Floride.

Les tribunaux égyptiens condamnent habituellement à la peine maximum, l'exécution dans le cas où le blasphème a été reconnu, puis transmettent leur décision au mufti qui donne son approbation.

Si les personnes poursuivies viennent en Egypte, elles pourraient bénéficier d'un nouveau procès.

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