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12/12/2012 04:26 EST | Actualisé 10/02/2013 05:12 EST

Al-Nosra, le plus important groupe jihadiste en Syrie

Le Front al-Nosra, placé sur la liste des organisations terroristes étrangères par les Etats-Unis qui le considèrent comme une émanation d'Al-Qaïda, est le plus important groupe jidahiste en Syrie.

Cette organisation, dont on ignore le nombre de combattants, serait directement liée, selon le Département d'Etat américain, à Al-Qaïda en Irak (AQI), et un de ses chefs présumés Maysar Ali Moussa Abdallah al-Joubouri, mis sur la liste noire, est irakien et fut un membre éminent de l'AQI à Mossoul.

Composée majoritairement de Syriens, elle compte de très nombreux jihadistes étrangers de toutes nationalités: Arabes (dont des Irakiens et Palestiniens), originaires du Caucase, d'Asie centrale, d'Afrique du Nord et de l'Est et d'Europe, selon l'AFP.

Ce groupe a fait sa première déclaration publique fin janvier 2012 via une vidéo. Il appelait au "jihad" (guerre sainte) contre le régime "apostat" de Bachar al-Assad.

"La qualité médiocre des images, les sous-titres en anglais, la rhétorique implicitement confessionnelle" ont d'abord fait croire à "une manipulation du régime pour discréditer la rébellion", explique un récent rapport d'International crisis group (ICG).

Le Front a revendiqué des centaines d'attaques et plusieurs dizaines d'attentats suicide qui ont ensanglanté le pays, notamment à Alep, Damas et Deir Ezzor. Il s'est imposé comme le fer de lance de la rébellion, au détriment de l'Armée syrienne libre (ASL) qui peine toujours à se structurer.

Son dernier fait d'arme est la prise d'une importante base militaire à l'ouest d'Alep, qui marque la "libération" d'une large portion de territoire jusqu'à la frontière turque.

Pour al-Nosra, "renverser Bachar al-Assad n'est que la première partie de la bataille. La victoire ne sera complète qu'avec l'instauration d'un Etat islamique basé sur la charia (loi islamique)", selon ICG.

Sous l'étendard noir frappé de la "chahada" (profession de foi du prophète), ses combattants sont présents sur les principaux fronts du pays, mais également sur les bases arrière de la rébellion, comme à Atme, village frontalier de la Turquie.

Le courage de ses membres, dont beaucoup aspirent au "martyr", leur discipline et leur respect de la population font l'admiration de nombreux Syriens, critiques envers les "corrompus" de l'ASL.

Son mode de fonctionnement est centralisé et verrouillé, selon l'un de ses membres, commandant de l'ASL dans la province d'Idleb, opérant en sous main pour al-Nosra.

Selon un récent rapport de l'Institute for study of war (ISW) sur le "Jihad en Syrie", le Front al Nosra serait "un regroupement d'anciens jihadistes ayant par le passé été sponsorisés par le régime syrien".

De nombreuses sources à Alep et Idleb témoignent des moyens financiers dont il dispose, contrastant avec le dénuement des autres groupes, ce qui laisse supposer un important soutien de l'étranger.

A ce jour, le Front al-Nosra n'a pas été officiellement reconnu ou même cité par Al-Qaïda mais sa propagande est relayée par les forums utilisés par Al-Qaïda.

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