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11/12/2012 04:56 EST | Actualisé 10/02/2013 05:12 EST

Washington met en garde l'Egypte: pas de "retour à l'ère Moubarak"

Les Etats-Unis ont averti mardi, pour la seconde fois en deux jours, le président égyptien Mohamed Morsi et son armée qu'ils refuseraient tout "retour aux mauvais jours de l'ère Moubarak" pour le maintien de l'ordre des manifestations de l'opposition.

Alors que le pays est sous haute tension politique et doit se prononcer le 15 décembre par référendum sur un projet contesté de Constitution, le département d'Etat américain a exhorté les forces de sécurité égyptiennes à "faire preuve de retenue et à respecter le droit de manifester pacifiquement".

Par un décret pris lundi, le président Morsi a rendu à l'armée le pouvoir d'assurer l'ordre et d'arrêter des civils, jusqu'aux résultats du référendum.

Ce droit très décrié rappelle la période où les militaires ont dirigé le pays, entre la chute de Hosni Moubarak en février 2011 et l'élection du président Morsi en juin dernier.

"Nous ne voulons pas voir de retour aux mauvais vieux jours de l'ère Moubarak quant aux pratiques de maintien de l'ordre", a prévenu la porte-parole de la diplomatie américaine, Victoria Nuland. "Nous ne voulons que se répètent les erreurs de l'ère Moubarak", avait-elle déjà dit lundi dans un très clair avertissement au président islamiste Morsi et à l'armée.

Des milliers d'opposants au chef de l'Etat se sont pressés mardi devant son palais, à quelques kilomètres d'une manifestation de ses partisans, dans un climat de tensions qui a amené l'armée à convoquer une réunion mercredi entre les protagonistes.

Cette initiative marque un retour au premier plan de l'institution militaire pour tenter de sortir le pays de sa plus grave crise depuis l'élection de M. Morsi, premier président civil d'Egypte.

Les Etats-Unis marchent sur des oeufs depuis le début des tensions et des violences en Egypte fin novembre, le président Barack Obama semblant privilégier sa relation avec son homologue tant que l'issue de la crise est incertaine.

Pour Washington, le dilemme est de soutenir les aspirations démocratiques des Egyptiens sans fâcher l'un de ses principaux alliés régionaux, qui s'est révélé déterminant pour sceller un cessez-le-feu entre le Hamas et Israël fin novembre.

nr/are