NOUVELLES
11/12/2012 04:17 EST | Actualisé 10/02/2013 05:12 EST

Syrie: plus de 125 victimes de tirs et d'explosions dans une zone alaouite (ONG)

Les 125 à 150 personnes tuées ou blessées dans un quartier alaouite, minorité dont est issu le président Bachar al-Assad, dans le centre de la Syrie, ont été victimes de tirs et d'explosions, a rapporté l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), qui avait auparavant évoqué des attentats.

"Entre 125 et 150 personnes ont été tuées ou blessées dans des tirs et des explosions à Aqrab", a déclaré à l'AFP Rami Abdel Rahmane, directeur de l'OSDH. Ces explosions ont eu lieu dans le quartier d'Akrad Ibrahim, peuplé en grande majorité d'alaouites, a-t-il précisé.

Il a également fait état de plusieurs versions des événements, certaines contradictoires et d'autres se recoupant fournies par plusieurs militants sur place.

"Nous appelons les Nations unies à mettre en place une commission indépendante de juristes qui pourront enquêter sur ces violences", a encore lancé M. Abdel Rahmane.

Selon les militants, le village d'Aqrab, à 40 km de Hama, compte deux-tiers de sunnites et un tiers d'alaouites. Un militant de la région qui s'est présenté sous le nom d'Abou Ghazi a affirmé que les habitants sunnites avaient fui leurs maisons, bombardées depuis une semaine.

Des vidéos mises en ligne par des militants ont montré des blessés dans un hôpital de campagne de la région. Un militants y interroge deux jeunes adolescents allongés sous des couvertures, blessés et visiblement choqués.

"Des hommes se sont servis des civils comme d'un bouclier humain pour leur propre protection, les menaçant de faire exploser des bonbonnes de gaz pour tuer tout le monde", affirme le militant, reprenant les paroles d'un des deux adolescents, allongé sur le ventre.

"Des +chabbihas+ (miliciens pro-régime) sont venus en disant +on vient pour vous protéger des rebelles+, et ils nous ont empêchés de sortir de nos maisons, ils ont tué mon père, ma mère et mon frère", raconte en bégayant l'autre, qui dit s'appeler Mohammed.

Les réseaux de militants des Comités locaux de coordination (LCC) et la Commission générale de la révolution syrienne (CGRS) ont affirmé que les explosions avaient été provoquées par un bombardements mené par les chars de l'armée gouvernementale.

Ces violences ont eu lieu dans le village d'Aqrab, dans la province de Hama, près de Houla, où 108 personnes, dont 49 enfants et 34 femmes, avait été massacrés le 25 mai.

L'ONU avait affirmé à l'époque avoir de "forts soupçons" sur l'implication des "chabbiha" et avait condamné le régime de M. Assad pour ce massacre qui avait déclenché un tollé international.

Au total, les violences ont fait plus de 42.000 morts en Syrie depuis le début du conflit en mars 2011, selon l'OSDH, une organisation basée en Angleterre et s'appuyant sur réseau de militants et de médecins civils et militaires.

ser-sbh/fc