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11/12/2012 10:09 EST | Actualisé 10/02/2013 05:12 EST

Syrie: assaut rebelle sur une académie militaire, sanctions contre Al-Nosra

Le Front jihadiste Al-Nosra, qui a revendiqué la plupart des attentats suicide en Syrie et devient sur le terrain un acteur de premier plan dans la lutte contre les forces du régime de Damas, a été placé mardi par Washington sur sa liste noire des groupes terroristes.

Sur le terrain, plusieurs brigades rebelles, appartenant en particulier à l'Armée syrienne libre (ASL), ont mené mardi un assaut dans le nord du pays contre l'une des plus grandes académies militaires de Syrie, assiégée depuis déjà deux semaines.

Au même moment, le Haut-commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR) annonçait que le nombre de réfugiés syriens enregistrés auprès de ses services dans les pays frontaliers et en Afrique du Nord avait dépassé le demi-million.

Les Etats-Unis ont annoncé mardi avoir inscrit le Front Al-Nosra, une émanation selon eux d'Al Qaïda en Irak, sur leur liste des organisations terroristes étrangères. Sur les forums internet jihadistes, plusieurs groupes avaient déjà félicité Al-Nosra pour cette inscription.

"La vision violente et sectaire d'al-Nosra est en contradiction avec les aspirations du peuple syrien", a expliqué dans un communiqué la porte-parole du département d'Etat, Victoria Nuland. "Les extrémismes et les idéologies terroristes n'ont pas leur place dans la Syrie post-Assad", a-t-elle assuré.

Conséquence de cette décision, Washington a pris des sanctions financières contre deux chefs du mouvement, l'Irakien Maysar Ali Moussa Abdallah al-Joubouri et le Syrien Anas Hassan Khatab. Ces sanctions visent également les milices du régime, en particulier les "chabbihas".

Le Front Al-Nosra, inconnu avant le début de la révolte syrienne en mars 2011, est désormais présent sur la quasi-totalité des fronts dans le pays et a revendiqué la plupart des attentats suicide perpétré dans diverses régions du pays, et en particulier à Damas.

Le mouvement s'est emparé lundi de la base Cheikh Souleimane, la dernière garnison gouvernementale d'importance à l'ouest d'Alep (nord), où les rebelles tiennent désormais une large zone géographique.

Lundi, 36 soldats ont été tués dans cette bataille, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), qui affirme que les rebelles de l'ASL n'ont pas participé à cet assaut, mené à l'initiative des seuls jihadistes.

Mardi, toujours dans le nord du pays, de violents combats opposaient soldats et rebelles aux abords d'une des plus importantes académies militaires de la Syrie qui abrite, selon l'OSDH, environ 3.000 soldats.

"L'académie militaire est assiégée depuis deux semaines par les rebelles. Elle s'étend sur 8 km2 et sera très difficile à prendre. Les rebelles vont devoir mobiliser des milliers de combattants", a précisé à l'AFP le directeur de l'OSDH, Rami Abdel Rahmane.

A travers le pays, les violences ont fait mardi au moins 58 morts -- 27 rebelles, 22 civils et 9 soldats -- selon un bilan provisoire de l'OSDH, qui s'appuie sur un réseau de militants et de médecins civils et militaires.

Alors que les combats et les bombardements font des dizaines de morts chaque jour, plus de 3.000 réfugiés syriens quittent chaque jour le pays pour la Turquie, le Liban, la Jordanie ou l'Irak, selon le HCR.

Au cours des deux dernières nuits, un millier de réfugiés est arrivé en Jordanie "complétement trempés et couverts de boue" à cause de fortes pluies, a déclaré Melissa Fleming, porte-parole du HCR, notant qu'il y avait de plus en plus d'enfants et de personnes agées parmi les réfugiés.

Après avoir multiplié les avertissements et les mises en garde, certains responsables affirmant même que l'armée syrienne avait chargé des bombes de gaz sarin, les Etats-Unis sont revenus sur leur estimation du risque d'une utilisation des armes chimiques par le régime du président Bachar al-Assad.

Le secrétaire américain à la Défense, Leon Panetta, a ainsi affirmé que la Syrie n'avait pris ces derniers jours aucune nouvelle mesure indiquant sa volonté de recourir à son arsenal chimique.

La France a également affirmé savoir où étaient stockées les armes chimiques syriennes et assuré qu'elle étaient actuellement sous la protection des forces du régime.

Al-Watan, quotidien proche du pouvoir à Damas, a vu dans l'installation par l'Otan de missiles Patriot en Turquie un prélude à "une intervention militaire" étrangère, Paris affirmant de son côté ne "pas avoir l'intention d'intervenir en Syrie".

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