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11/12/2012 09:16 EST | Actualisé 10/02/2013 05:12 EST

Syrie : 500 000 réfugiés dans les pays limitrophes

Fuyant la guerre civile, plus de 500 000 Syriens ont trouvé refuge dans les quatre pays entourant la Syrie, soit la Turquie, le Liban, la Jordanie et l'Irak.

Un afflux quotidien de plus de 3000 personnes continue de déferler sur ces pays voisins de la Syrie, précise le Haut-Commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR), à Genève.

De plus en plus d'enfants et de personnes âgées sont au nombre des réfugiés. Dans la seule nuit du 9 décembre, le HCR a recensé l'arrivée de 22 nouveau-nés en Jordanie.

« Contrairement aux idées reçues, seuls 40 % des réfugiés syriens enregistrés vivent dans les camps de réfugiés, la majorité vit en dehors des camps, souvent en location dans des maisons, chez l'habitant, ou dans différents habitats collectifs », soutient un communiqué du HCR. Le Liban ne compte aucun camp, pendant que seulement 24 % des réfugiés de la Jordanie vivent dans 3 camps, une proportion qui passe à 50 % en Irak, qui compte aussi 3 camps.

Quant à la Turquie, tous ses réfugiés vivent dans 14 camps.

Par ailleurs, selon le HCR, le nombre de réfugiés enregistrés par les divers pays ne reflète pas la réalité de l'afflux des réfugiés non enregistrés, que la Jordanie estime à 100 000.

La Syrie compte quelque 23 millions d'habitants.

Les rebelles prennent une base militaire près d'Alep

Sur le terrain, les rebelles syriens ont pris possession d'une base militaire syrienne près d'Alep, dans le nord du pays. Ils auraient tué 35 soldats de l'armée gouvernementale au cours d'un assaut, mardi.

Les combats font rage depuis plusieurs semaines autour de la base Cheikh Souleimane. Les rebelles ont pénétré une première fois dans l'enceinte de la base dimanche. Ils ont achevé la prise de la base en s'emparant des installations principales et des entrepôts.

L'Observatoire syrien des droits de l'homme affirme que les rebelles ont blessé ou capturé 64 autres soldats de l'armée gouvernementale.

Sur le plan diplomatique, l'administration Obama pourrait profiter d'une rencontre au Maroc pour désigner la nouvelle coalition de l'opposition comme seule organisation représentante légitime du peuple syrien, à l'image de l'Union européenne, qui l'avait reconnue en novembre.

La décision américaine viserait à contrer l'influence des islamistes radicaux dans les rangs des rebelles syriens. La Secrétaire d'État américaine, Hillary Clinton, a d'ailleurs désigné « organisation terroriste étrangère » l'un des principaux groupes rebelles syriens, le Front al-Nosra. L'administration américaine soutient que le groupe entretient des liens avec le réseau Al-Qaïda. Le département du Trésor a pris des sanctions financières contre deux de ses chefs, Maysar Ali Moussa Abdallah al-Joubouri et Anas Hassan Khatab, ce qui a pour effet de geler leurs actifs aux États-Unis et d'interdire aux Américains de faire commerce avec eux.

Le Trésor a également placé sur sa liste noire les chabbiha et Jaïch al-Chaabi, deux milices agissant pour le compte du régime de Bachar Al-Assad. Le département du Trésor affirme que Jaïch al-Chaabi reçoit l'appui de l'Iran et du Hezbollah.

De son côté, le secrétaire à la Défense, Leon Panetta, a soutenu que les services de renseignement américain n'avaient constaté aucune nouvelle mesure pouvant laisse croire que le régime syrien s'apprêterait à utiliser des armes chimiques contre les rebelles.

Des responsables américains s'inquiétaient, la semaine dernière, de préparatifs en ce sens des forces syriennes. Ils redoutaient notamment l'utilisation de gaz sarin dans des bombes destinées à être larguées par avion.

La crise syrienne, qui s'est amorcée en mars 2011 par une contestation du régime du président Bachar Al-Assad, s'est transformée en guerre civile. Le conflit syrien perdure depuis maintenant 20 mois et aurait fait quelque 40 000 morts.