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11/12/2012 03:22 EST | Actualisé 10/02/2013 05:12 EST

Mali: l'ONU et les USA condamnent la démission forcée du Premier ministre

Le Conseil de sécurité des Nations unies et les Etats-Unis ont vivement condamné mardi la démission forcée du Premier ministre malien Cheick Modibo Diarra, l'ONU renouvelant ses menaces de "sanctions ciblées" contre les ex-putschistes.

Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon s'est déclaré lui "troublé" par le coup de force au Mali, dont le Nord est aux mains d'islamistes armés, et a "appelé une nouvelle fois à la fin de l'ingérence des militaires dans la politique".

Sur la même ligne, le département d'Etat américain a "condamné cet acte perpétré par la junte militaire" en l'exhortant à "cesser ses ingérences perpétuelles dans les affaires politiques et gouvernementales maliennes", selon la porte-parole de la diplomatie américaine Victoria Nuland.

Elle a dénoncé un "recul" pour la transition démocratique et promis "probablement des décisions cette semaine au sein du Conseil de sécurité" de l'ONU.

Dans une déclaration, le Conseil de sécurité se dit "prêt à envisager des mesures appropriées, dont des sanctions ciblées contre ceux qui empêchent la restauration de l'ordre constitutionnel et agissent pour miner la stabilité du Mali".

Le coup de force des militaires maliens va à l'encontre des résolutions de l'ONU qui demandaient que "les forces armées maliennes cessent d'interférer dans le travail des autorités de transition", souligne la déclaration.

Le Mali s'enfonçait mardi un peu plus dans la crise après la démission forcée du Premier ministre sous la pression d'ex-officiers putschistes hostiles à une intervention militaire étrangère pour chasser les islamistes liés à Al-Qaïda qui occupent le nord du pays depuis huit mois.

Le départ forcé du gouvernement malien survient au lendemain de la décision de l'Union européenne (UE) d'envoyer dans le pays 400 militaires début 2013 pour former l'armée malienne en vue de reconquérir le Nord, première concrétisation d'un engagement étranger sur le terrain, alors qu'est attendu avant Noël un feu vert de l'ONU sur le déploiement d'une force internationale.

Dans leur déclaration, les 15 pays membres du Conseil "soulignent leur engagement à autoriser dès que possible le déploiement" de cette force.

Le Conseil réitère son soutien au président malien par intérim Dioncounda Traoré et lui demande de "nommer rapidement un gouvernement d'union nationale".

Ce dernier a accepté la démission du Premier ministre Diarra et nommera son successeur "dans les 24 heures", selon un discours qui devait être diffusé mardi soir au Mali.

Le Conseil de sécurité "demande instamment aux autorités de transition de mettre au point rapidement une feuille de route (...), afin de restaurer l'ordre constitutionnel et l'unité nationale, et de tenir dès que possible des élections pacifiques et crédibles".

D'après M. Ban, les derniers événements "soulignent l'urgence de progresser dans le dialogue national au Mali" avec pour objectifs "la restauration complète de l'ordre constitutionnel et de l'intégrité territoriale" du pays ainsi que la tenue d'élections prévues d'ici à avril 2013.

"Un gouvernement élu par le peuple est un élément crucial pour rétablir la capacité du pays à contrôler et à défendre son territoire", a renchéri Mme Nuland.

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