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11/12/2012 01:07 EST | Actualisé 09/02/2013 05:12 EST

Le psychiatre de Guy Turcotte ne s'opposerait plus à sa remise en liberté sous conditions

Le Dr Pierre Rochette ne s'objecterait pas à ce que Guy Turcotte quitte l'Institut Philippe-Pinel, où il est détenu pour le meurtre de ses deux enfants, à condition, entre autres, qu'il poursuive un travail thérapeutique.

Le psychiatre présentait mercredi matin son rapport devant la Commission d'examen des troubles mentaux, qui examine les conditions de libération de Guy Turcotte. L'ex-cardiologue avait obtenu en juin dernier la permission de faire des sorties avec accompagnement, puis sans accompagnement.

Le Dr Pierre Rochette a indiqué qu'il ne voyait pas de dangerosité immédiate ou à moyen terme dans le cas de M. Turcotte. Il a souligné avoir vu un grand changement chez son patient, qui ne serait plus sur la défensive et qui aurait commencé à parler du drame. Il a dressé un portrait très positif de Guy Turcotte, évoquant notamment une nouvelle prise de conscience.

Le Dr Rochette a également soutenu que le détenu avait fait plus de 80 sorties qui s'étaient très bien déroulées. Il a visité sa famille et ses amis, en plus d'être en contact avec des foules.

Le psychiatre a recommandé la poursuite de sa thérapie, à l'Institut Philippe-Pinel ou dans un autre hôpital.

Pas de huis clos

L'Institut, qui demandait initialement que les audiences ne soient pas rendues publiques, a retiré sa demande de huis clos, en accord avec Guy Turcotte, pour ne pas retarder l'audience.

En juin, la Commission d'examen des troubles mentaux avait décidé de garder Guy Turcotte détenu, mais en lui accordant des droits de sortie sous surveillance. La Commission avait alors décidé de tenir une nouvelle audience en décembre afin de « réévaluer l'évolution de l'accusé et le risque qu'il pourra alors représenter pour la sécurité du public ».

Les experts de l'Institut Philippe-Pinel s'étaient opposés à sa libération, jugeant que Guy Turcotte avait encore beaucoup de chemin à parcourir puisqu'il refusait de parler des meurtres de ses enfants.

Le porte-parole de la Commission, Me Jean-Claude Hébert, a expliqué que la Commission doit maintenant faire une mise à jour de l'état de santé mentale de Guy Turcotte.

La Commission devra ensuite réévaluer la situation à la lumière de ces faits nouveaux. Trois décisions sont possibles :

  • Détention avec ou sans modalités
  • Libération avec modalités
  • Libération inconditionnelle

Les audiences se dérouleront jusqu'au 14 décembre à l'Institut Philippe-Pinel, où l'ex-cardiologue, trouvé non criminellement responsable des meurtres de ses deux enfants, est détenu depuis juillet 2011.

Guy Turcotte a reconnu avoir poignardé à 46 reprises ses deux enfants le 20 février 2009, à la suite d'une rupture difficile avec sa conjointe. Il avait ensuite tenté de se suicider en avalant du liquide lave-glace.

Avec des informations de Karine Bastien