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11/12/2012 08:53 EST | Actualisé 10/02/2013 05:12 EST

La Corée du Nord procède au lancement d'une fusée de longue portée

SÉOUL, Corée du Sud - La Corée du Nord a procédé mercredi matin au deuxième lancement d'une fusée sous le règne de son nouveau leader, défiant des avertissements émis par les Nations unies et Washington quelques jours seulement avant l'élection présidentielle sud-coréenne.

Lors d'une conférence de presse diffusée à la télévision nationale, Kim Min-seok, porte-parole du ministère de la Défense de la Corée du Sud, a déclaré qu'un destroyer sud-coréen équipé d'un système Aegis déployé dans la mer Jaune avait détecté le lancement, mais Séoul ne savait toujours pas si le tir avait été couronné de succès.

Sur l'heure du midi mercredi, la télévision d'État nord-coréenne a affirmé que le lancement avait été un succès. Des Nord-coréens regardant la télévision à Pyongyang ont applaudi après avoir entendu la nouvelle, annoncée environ deux heures après le lancement. Mais la Corée du Sud et le Japon n'ont pu immédiatement confirmer la véracité de cette information.

La Corée du Nord avait précédemment annoncé que des problèmes techniques forçaient le report du lancement, et avait prolongé sa fenêtre de tir jusqu'au 29 décembre.

Le Japon a indiqué qu'une partie de la fusée s'est écrasée à l'ouest de la péninsule coréenne, et qu'une autre section serait tombée à l'est des Philippines. Le président sud-coréen Lee Myung-bak a prévu une réunion d'urgence du conseil national de sécurité, mercredi, et le Japon a dénoncé le lancement.

Le leader nord-coréen Kim Jung-Un a pris le pouvoir après la mort de son père Kim Jung-Il le 17 décembre 2011. Le lancement est survenu également environ un mois avant le début du second mandat du président américain Barack Obama.

La Corée du Nord affirme que la fusée Unha vise à mettre un satellite en orbite. Un lancement similaire, en avril dernier, a provoqué la désintégration de la fusée peu de temps après le décollage, et la condamnation que l'événement avait suscitée sera sans doute répétée. Washington voit le lancement comme un prétexte pour tester des technologies pour développer des missiles qui pourraient frapper les États-Unis.

Les tests de fusées sont vus comme étant cruciaux pour faire progresser les ambitions nucléaires nord-coréennes.

Il s'agit du cinquième test du genre depuis 1998, lorsque Pyongyang a envoyé une fusée au-dessus du Japon.

Les États-Unis voient le développement d'armes nucléaires et de missiles balistiques par la Corée du Nord comme une menace à la sécurité mondiale et à ses alliés asiatiques, le Japon et la Corée du Sud.

Sous la dictature de son nouveau leader, la Corée du Nord s'est engagée à développer davantage son arsenal nucléaire, à moins que Washington n'abandonne ce que Pyongyang qualifie de «politique hostile».

Le Conseil de sécurité des Nations unies a imposé deux séries de sanctions contre la Corée du Nord à la suite de ses tests nucléaires, et une résolution adoptée en 2009 ordonne à la Corée du Nord de ne plus mener de lancement utilisant des technologies de missiles balistiques.