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11/12/2012 05:52 EST | Actualisé 10/02/2013 05:12 EST

Des pourparlers en cours pour éviter une grève générale en Tunisie (syndicat)

Des pourparlers entre le gouvernement et le principal syndicat de Tunisie ont repris mardi afin de trouver un compromis susceptible d'annuler la grève générale prévue jeudi pour dénoncer une attaque islamiste contre des syndicalistes, a indiqué la centrale UGTT.

"Les négociations concernent les revendications de l'Union générale tunisienne du travail (UGTT) et si un compromis est trouvé, on pourra annuler" la grève, a déclaré un porte-parole de la centrale syndicale, Ghassen Ksibi.

Il a précisé qu'en cas d'échec mardi, une nouveau round aurait lieu mercredi afin d'éviter le débrayage national prévu le 13 décembre.

La principale revendication de l'UGTT est la dissolution de la Ligue de protection de la révolution, une sorte de milice aux méthodes brutales soutenant le parti islamiste Ennahda qui dirige le gouvernement tunisien.

Les syndicalistes accusent cette Ligue d'avoir attaqué dans l'impunité la semaine dernière un cortège de l'UGTT, poussant sa direction à appeler à une grève nationale pour forcer le gouvernement à démanteler cette organisation.

Le secrétaire général adjoint de l'UGTT, Belgacem Ayari, a jugé, dans une déclaration à l'agence d'Etat tunisienne TAP, que les négociations se déroulaient dans un climat positif et qu'une sortie de crise était envisageable.

"Il y a les prémices d'une détente, la possibilité de parvenir à une solution", a-t-il jugé, alors qu'une première médiation conduite par un ancien dirigeant syndicaliste avait échoué durant le week-end.

Plusieurs manifestations ont eu lieu mardi à Tunis en soutien à l'appel à la grève. Des dizaines de militants de l'Association des diplômés chômeurs se sont notamment rassemblés devant le ministère de l'Emploi et des agences pour l'emploi.

Un autre rassemblement organisé par des artistes est prévu devant le siège de l'UGTT en milieu d'après-midi.

Les relations entre l'UGTT et Ennahda, les deux plus importantes forces du pays, se sont tendues ces dernières semaines, et nombre d'observateurs craignent que ce conflit ne provoque de nouvelles vagues de violences.

Dans son histoire, l'UGTT, qui revendique un demi-million de membres, n'a appelé qu'à deux grèves nationales, l'une en 1978 dont la répression a fait des dizaines de morts, et une autre de deux heures, le 12 janvier 2011, deux jours avant la chute du régime de Ben Ali.

Parallèlement, le ressentiment des Tunisiens à l'égard du pouvoir est alimenté par les espoirs déçus de la révolution face aux difficultés économiques et à l'impasse politique dans laquelle le pays est plongé, faute d'un compromis sur la future Constitution.

alf/cco