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11/12/2012 06:31 EST | Actualisé 10/02/2013 05:12 EST

Attaque en Tunisie: les assaillants activement recherchés (sécurité)

Les hommes armés responsables d'une attaque lundi dans la région de Kasserine dans l'ouest de la Tunisie, qui a tué un gendarme, étaient activement recherchés mardi, a indiqué à l'AFP une source au sein des services de sécurité, qui évoque désormais une piste algérienne.

"Les forces de l'ordre ont découvert le camp du groupe près de la localité de Dernaya et y ont trouvé une pièce d'identité algérienne, des restes de nourriture et une puce d'un portable tunisien", a précisé cette source.

Une brigade spéciale des forces de l'ordre a été déployée et la frontière avec l'Algérie a été fermée sur une portion de 220 km à l'exception du point de passage de Bou Chebka où "de strictes contrôles sont effectués", selon la même source.

Cinq individus sont recherchés et non quatre comme indiqué précédemment par la même source de sécurité qui avait déclaré auparavant que "la zone de l'attaque a été sécurisée mais que personne n'a été arrêté".

Un gendarme tunisien a été tué et quatre autres ont été blessés dans des affrontements lundi avec des hommes armés dans cette zone limitrophe de l'Algérie.

"Les forces de sécurité poursuivent le ratissage de la zone bouclée pour arrêter les éléments du groupe armé", avait indiqué lundi en début de soirée le porte-parole du ministère de l'Intérieur Khaled Tarrouche.

M. Tarrouche n'était pas en mesure de préciser le nombre, l'origine et l'appartenance du groupe armé, mais des sources locales ont assuré qu'il s'agissait de quatre "barbus" qui ont été repérés par le gardien d'une société pétrolière à proximité de la localité de Bou Chebka, à 2 km de l'Algérie.

Prévenu, le chef du poste de la Garde nationale (gendarmerie) s'est rendu le premier sur place et a été abattu.

Le défunt est l'adjudant Anis Jlassi, 27 ans, dont le corps a été transporté dans sa ville d'origine de Chebika (centre) où il doit être enterré mardi. Quatre de ses collègues de la garde nationale ont été blessés et hospitalisés à Kasserine.

La Tunisie peine à se stabiliser depuis deux ans et est régulièrement le théâtre d'affrontements violents, tantôt impliquant la mouvance salafiste, tantôt des manifestants excédés par la misère et les espoirs déçus de la révolution.

Des journaux tunisiens se sont d'ailleurs inquiétés dans leur édition de mardi de cette nouvelle flambée de violences, certains titres n'hésitant pas à accuser les islamistes radicaux d'être impliqués.

"Il semble que (la mouvance salafiste jihadiste) est sur le point de passer à l'action, puisqu'elle dispose vraisemblablement des moyens et de la logistique nécessaire et ce, grâce au trafic d'armes venant de Libye", estime le Quotidien dans un éditorial.

"Ca sent le soufre? Certainement. Ca sent le roussi surtout, car, quand l'extrémisme religieux dispose de son propre arsenal le pire est à craindre", poursuit le journal qui dénonce "le laxisme" du gouvernement tunisien, dirigé par les islamistes du parti Ennahda.

Les affrontements dans la région de Kasserine sont intervenus deux jours après que dans un gouvernorat voisin, situé aussi à la frontière algérienne, des trafiquants en possessions d'armes et d'explosif ont été arrêtés.

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