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11/12/2012 05:49 EST | Actualisé 10/02/2013 05:12 EST

Année 2012 - La folle année de Chelsea

Deux crises, trois entraîneurs, une Ligue des champions et une Coupe d'Angleterre: Chelsea a connu en 2012 l'année la plus folle de son histoire, dont le sommet restera la finale européenne de Munich.

Ce 19 mai, en allant battre le Bayern dans son stade de Munich aux tirs au but, les "Blues" ont enfin décroché la Ligue des champions après laquelle ils couraient depuis toujours, et notamment depuis leur rachat, en 2003, par l'homme d'affaires russe Roman Abramovitch, dont les milliards avaient donné au club les moyens de rêver.

Et pourtant, moins qu'aucun autre, l'exercice 2011-2012 semblait propice à l'accomplissement de cette ambition. A peine trois mois avant, en pleine crise, l'oligarque avait limogé son sixième entraîneur, le Portugais Andre Villas-Boas.

Coupable d'avoir tenté au pas de charge un rajeunissement de l'effectif, aux dépens de vétérans comme Frank Lampard ou Didier Drogba, le futur héros de Munich, auteur de l'égalisation in extremis (1-1) puis du dernier tir au but, le présumé "Special Two" prenait la porte, comme avant lui son maître José Mourinho, ou plus récemment Carlo Ancelotti.

Son ex-adjoint et successeur, Roberto Di Matteo, a trouvé une situation compromise en Championnat, et qui n'allait d'ailleurs jamais être vraiment redressée, mais une équipe toujours qualifiée en Ligue des champions et en Coupe d'Angleterre, ce qui laissait la porte ouverte aux songes les plus déraisonnables.

L'Italien les a réalisés au-delà de toute espérance. Au prix d'une stratégie ultra-défensive, qui a fait grincer les dents des esthètes, et souvent avec une chance insolente, Chelsea a successivement fait tomber le tenant du titre, le FC Barcelone, et l'hôte de la finale, le Bayern Munich. Entre ces deux temps forts, les Londoniens ont remporté la Coupe d'Angleterre en battant Liverpool.

Est-ce pour combler un certain défaut de panache? En tout cas Di Matteo, confirmé dans ses fonctions par Abramovitch après un mois d'atermoiements - un délai qui annonçait les futurs déboires de l'Italien - a tenté de donner à son équipe un style plus chatoyant, en s'appuyant sur le trio de milieux de terrain Juan Mata, Oscar et Eden Hazard, les deux derniers ayant été recrutés pendant l'été.

Mauvaise inspiration, car après des débuts prometteurs et une série initiale de victoires en Championnat, tout s'est rapidement déréglé, jusqu'à la défaite 3 à 0 à Turin contre la Juventus, le 20 novembre, qui condamnait les "Blues" à une piteuse élimination dès le premier tour de la Ligue des champions, une triste première pour un tenant du titre.

Abramovitch, qui semblait n'attendre que cela, a saisi l'occasion pour montrer à Di Matteo la direction de la sortie dès le lendemain, au grand dam des supporteurs de Stamford Bridge qui appréciaient l'Italien et craignaient l'arrivée aux commandes de l'une de leurs anciennes bêtes noires, Rafael Benitez, l'ex-entraîneur de Liverpool, un des rivaux les plus détestés.

Ce dernier a été nommé entraîneur par interim le 21 novembre.

Selon la presse anglaise, l'Espagnol ne serait là que pour préparer l'arrivée d'un autre, les noms de Pep Guardiola et de José Mourinho étant les plus cités. Au vu du passé récent, aucune victoire ne le prémunira à coup sûr contre un tel destin.

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