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11/12/2012 06:19 EST | Actualisé 10/02/2013 05:12 EST

Année 2012 - Italie: Les clubs déclinent, la Nazionale enchante

Les clubs italiens ont perdu leurs stars et ne règnent plus sur l'Europe, signe d'un déclin structurel du Calcio, mais la Nazionale de Cesare Prandelli, vice-championne d'Europe, brille et séduit.

Le football italien est touché dans son orgueil.

Il a cédé cette saison la troisième place au classement des clubs UEFA - et donc le quatrième club en Ligue des champions - à l'Allemagne, plus régulière dans les coupes d'Europe. Et l'Udinese ayant chuté en barrages, elle n'avait que deux clubs en C1 cette saison. Heureusement l'AC Milan et la Juventus Turin ont atteint les 8e de finale du printemps prochain...

Car l'Italie a presque disparu du palmarès. Treize fois un club de Serie A a atteint la finale de la Ligue des champions de 1989 à 2007, pour six victoires (cinq pour l'AC Milan, une pour la Juventus), et depuis 2007 un seul club italien a atteint les demies, l'Inter de José Mourinho en 2010.

Certes les "Nerazzurri" l'ont emporté cette année-là, mais hormis cette exception, l'Italie fait pâle figure à côté de l'Angleterre et de l'Espagne, et même de l'Allemagne.

Les raisons de ce déclin sont profondes. L'Italie n'a plus les moyens d'attirer les grandes stars.

Le fair-play financier a transformé les géants du calcio en vendeurs. L'Inter a perdu Samuel Eto'o en 2011 (à l'Anzhi Makhachkala) et l'AC Milan a laissé filer Zlatan Ibrahimovic et Thiago Silva (au Paris SG).

La Juventus n'a pas pu cet été s'offrir l'attaquant de niveau mondial qu'elle cherchait (Luis Suarez, Didier Drogba...).

Hormis Edinson Cavani, l'exception napolitaine, et les anciens Gianluigi Buffon et Andrea Pirlo à la Juve, les stars mondiales ont déserté la Serie A.

L'Italie doit désormais les produire elle-même et a les yeux de Chimène pour Stephan El Shaarawy, 20 ans, meilleur buteur du championnat, dit le "Petit Pharaon", que l'AC Milan rêve en héritier de Marco van Basten.

Les stades sont vétustes et n'appartiennent pas aux clubs, à part le tout nouveau Juventus Stadium à Turin. Ils ne peuvent pas en tirer des revenus, et en outre les taux de remplissage chutent.

Mais dans ce noir tableau l'étoile de la "Nazionale" brille toujours. Grâce au talent du sélectionneur Cesare Prandelli, qui a conduit en finale de l'Euro-2012 une équipe qui ne partait pas parmi les favorites.

"Cesare est tellement bon dans tout ce qu'il fait que je suis sûr que s'il avait choisi la carrière ecclésiastique il serait devenu au minimum cardinal", dit Pantaleo Corvino, l'ex-directeur sportif de la Fiorentina quand Prandelli en était l'entraîneur.

Comme Garibaldi, le sélectionneur a unifié l'Italie autour d'un projet révolutionnaire au pays du "catenaccio": le jeu offensif.

Et même si la "Nazionale" a explosé en finale de l'Euro contre l'Espagne (4-0), elle a néanmoins retrouvé une vraie grande équipe et devrait figurer parmi les favoris du Mondial-2014.

Car la base très solide bâtie par Prandelli pourrait s'enrichir d'attaquants de classe.

Mario Balotelli, déjà brillant à l'Euro, poursuit ses progrès en "azzurro", et El Shaarawy a déjà réussi son premier but, en amical contre la France.

Les "nouveaux Italiens", aux origines ghanéenne et égyptienne, pourraient compléter un collectif déjà excellent, avec la défense de la Juventus comme base (quatre joueurs sur cinq en comptant le gardien Gianluigi Buffon), et à l'excellent milieu de terrain, autour du génie intact d'Andrea Pirlo. L'Italie n'a pas dit son dernier mot.

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