NOUVELLES
10/12/2012 10:01 EST | Actualisé 09/02/2013 05:12 EST

Syrie: pas d'armes chimiques sur la base Cheikh Souleimane (rebelles)

Les rebelles, en très grande majorité des jihadistes appartenant au Front Al-Nosra, ont pris lundi le contrôle de la base militaire de Cheikh Souleimane, dans le nord de la Syrie, mais n'ont trouvé ni armes chimiques ni missiles anti-aériens, a affirmé un de leurs chefs à l'AFP.

"Nous contrôlons toute la base, toute la zone est sous notre contrôle, tout l'ouest d'Alep est libéré jusqu'à la frontière turque. Cependant, aucune arme chimique n'a été trouvée, ni missile anti-aérien", a déclaré le commandant Abou Jalal, chef du bataillon "Ahrar Darret Ezza", la seule unité de l'Armée syrienne libre (ASL) ayant participé à la prise de la base avec les islamistes radicaux.

Alors que les rebelles avaient affirmé à plusieurs reprises que cette base contenait des armes chimiques, Abou Jalal a cherché à expliquer leur absence par le fait que l'armée, selon lui, "sachant la base perdue, aurait transféré par hélicoptères les armes sensibles vers une base près de Tartous", dans le nord-ouest du pays contrôlé par le régime.

Il a assuré que c'était ses hommes qui contrôlaient le "centre de recherche scientifique" qui était censé selon les rebelles contenir les prétendues armes chimiques.

Le commandant a précisé que le butin se composait surtout de plusieurs tonnes de TNT, d'armes légères et de munitions. "Une partie de la base était minée", a-t-il ajouté, précisant que 50 soldats avaient été tués et une quarantaine d'autres fait prisonniers et remis au Front al-Nosra.

Auparavant, Rami Abdel Rahmane, le directeur de l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), avait annoncé que "les brigades d'Al-Nosra ou liées à Al-Nosra (s'étaient) emparées du quartier général de la base militaire Cheikh Souleimane, après des semaines de violents combats pour son contrôle".

"C'est un gain significatif pour l'opposition armée. Il prouve que l'armée enregistre de lourdes pertes militaires", a-t-il ajouté, soulignant toutefois qu'il restait "des unités de l'armée dans les villages alentour".

Dans une vidéo diffusée sur internet par des militants, un rebelle d'Ahrar Darret Ezza a lu un "communiqué de libération" de Cheikh Souleimane.

"L'ASL tente de revendiquer la victoire, mais ce n'est pas la sienne. C'est celle d'Al-Nosra et des groupes qui lui sont liés", a insisté M. Abdel Rahmane, dont l'organisation basée au Royaume-Uni s'appuie sur un réseau de militants et de médecins civils et militaires à travers la Syrie.

"Al-Nosra est le groupe rebelle le plus fort dans le nord d'Alep, mais cela n'est pas le cas partout", a-t-il précisé.

Sur d'autres vidéos mises en ligne par des militants, on voit des combattants progresser dans la base désertée en brandissant l'étendard des jihadistes, le drapeau noir frappé de la profession de foi musulmane.

Ils affirment appartenir au bataillon al-Mouhajirine, une brigade islamiste liée à Al-Nosra, et s'emparent de plusieurs batteries anti-aériennes.

La caserne du bataillon 111 de l'armée, située à 12 km au nord-ouest d'Alep, s'étend sur plusieurs kilomètres carrés de collines caillouteuses. Il s'agissait de la dernière garnison gouvernementale d'importance dans cette région, où les rebelles tiennent désormais une large zone géographique.

Selon un journaliste de l'AFP qui a assisté à une partie de l'assaut, un grand nombre des combattants islamistes sont des étrangers, arabes ou originaires du Caucase. L'un de leurs chefs est un Ouzbek se faisant appeler Abou Talha, que le journaliste avait déjà croisé dans la région.

hba/sk/sbh/cco