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10/12/2012 06:09 EST | Actualisé 09/02/2013 05:12 EST

Roumanie: le torchon brûle entre Victor Ponta et Traian Basescu

BUCAREST, Roumanie - Le gouvernement de centre-gauche de la Roumanie a remporté une confortable majorité lors des élections parlementaires de dimanche, démontrent les résultats officiels dévoilés lundi.

La table est maintenant mise pour un affrontement avec le président Traian Basescu, qui a indiqué ne pas avoir l'intention de reconduire le premier ministre Victor Ponta à son poste.

L'alliance gouvernante de M. Ponta a décroché près des deux-tiers des sièges de l'assemblée législative, donnant une raclée au parti de M. Basescu, avec 95 pour cent des bulletins dépouillés.

La Roumanie a connu trois premiers ministres et autant de cabinets depuis le début de l'année, en plus d'être secouée par des manifestations énormes en réaction aux mesures d'austérité exigées en retour d'un prêt de 26 milliards $ US consenti pour renflouer son économie. Une poursuite de cette guerre politique pourrait nuire à la réputation du pays et créer une atmosphère d'instabilité qui découragerait l'investissement étranger.

En dépit de cette victoire éclante, le président Basescu maintient ne pas vouloir nommer M. Ponta au poste de premier ministre. Les deux hommes sont à couteaux tirés depuis que le gouvernement a tenté sans succès de chasser M. Basescu de la présidence au terme d'un vote de destitution en juillet.

M. Basescu peut proposer un autre candidat au poste de premier ministre, mais son choix devrait être entériné par le parlement. Le parlement pourrait être dissout si son candidat est rejeté, et le gouvernement a menacé de tenter de destituer M. Basescu une nouvelle fois s'il refuse de renommer M. Ponta premier ministre.

Le groupe politique de M. Basescu n'a remporté que 17 pour cent des voix.

M. Ponta a été nommé premier ministre en mai, le troisième premier ministre cette année, mais sa nomination a donné lieu à une dispute amère avec M. Basescu, dont le mandat expire en 2014.

M. Basescu pourrait nommer quelqu'un d'autre comme premier ministre, mais son choix devra être approuvé par le parlement. Si le candidat de son choix échoue après deux tours de vote, le parlement pourrait être dissous.

La plupart des Roumains en ont marre de la bataille pour le pouvoir entre les deux leaders, spécialement alors que la Roumanie demeure l'un des pays les plus pauvres et les plus corrompus de l'Union européenne.

Le pays fait également face à d'importantes mesures d'austérité.