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10/12/2012 01:12 EST | Actualisé 09/02/2013 05:12 EST

L'UE "consternée" par les projets de nouvelles colonies israéliennes

L'Union européenne s'est dit lundi "consternée et fermement opposée" aux projets de nouvelles colonies israéliennes, en particulier dans la zone E1, qui compromettent selon elle la viabilité d'un Etat palestinien.

Les ministres européens des Affaires étrangères se sont dit "consternés et fermement opposés aux projets israéliens d'extension des colonies" en Cisjordanie, y compris à Jérusalem-Est et "en particulier" dans la zone E1.

Réagissant à l'octroi à la Palestine du statut d'observateur à l'ONU, Israël avait annoncé la semaine dernière son intention d'étendre ses colonies, en particulier dans le secteur E1 qui relierait Maalé Adoumim à des quartiers de colonisation juive à Jérusalem-Est.

Ce projet, s'il était mené à bien, couperait en deux la Cisjordanie et l'isolerait de Jérusalem. Cela compromettrait la viabilité d'un futur Etat palestinien, et "minerait gravement les perspectives d'une solution négociée au conflit" israélo-palestinien, jugent les ministres européens.

L'ambassadeur d'Israël auprès de l'UE avait été convoqué la semaine dernière à ce sujet à Bruxelles, une procédure exceptionnelle.

"Ce que les Israéliens ont fait, à propos de la zone E1, a vraiment fait évoluer les opinions au sein de l'Union européenne", a estimé le ministre suédois des Affaires étrangères, Carl Bildt, en référence aux clivages traditionnels entre pays pro-israéliens (notamment la République tchèque, les Pays-Bas et l'Allemagne) et les autres plus sensibles à la cause palestinienne.

Etendre la zone E1 "pourrait également comprendre des transferts de population civile", remarque l'UE, qui promet de "suivre de près la situation et ses implications plus larges, et agir en conséquence".

Interrogé à Jérusalem lors de ses voeux annuels à la presse étrangère, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a rappelé que tous les gouvernements israéliens précédents avaient bâti à Jérusalem-Est et dans les blocs de colonisation de Cisjordanie.

"Tout le monde sait bien que ces quartiers de Jérusalem et Tel Aviv, des banlieues en fait, vont rester en Israël dans le cadre d'un règlement de paix", a réaffirmé M. Netanyahu, en faisant allusion aux blocs de colonisation de Maalé Adoumim et du Goush Etzion, près de Jérusalem, et d'Ariel, à une quarantaine de km de Tel Aviv.

"Idem pour l'étroit couloir qui relie Maalé Adoumim à Jérusalem. Il a toujours fait partie de tous les plans (israéliens)", a-t-il ajouté à propos de la zone E1 en affirmant que ce projet "n'empêcherait pas un Etat palestinien" d'exister.

De son côté, le ministre des Affaires étrangères Avigdor Lieberman a regretté, dans un communiqué, "les conclusions partiales de l'UE", en estimant que "les faits et l'histoire ont prouvé que la colonisation juive n'a jamais constitué un obstacle à la paix".

A Bruxelles, les ministres européens ont mentionné également la délicate question des biens produits dans les colonies, réitérant l'intention de l'UE d'appliquer pleinement "la législation européenne et les accords bilatéraux concernant les biens produits dans les colonies".

Les colonies étant illégales au regard du droit international, les biens qui y sont produits ne devraient pas bénéficier des conditions douanières préférentielles accordées par l'UE aux produits israéliens. Mais Israël refuse un étiquetage spécifique des biens produits dans ses colonies.

Fin octobre, un rapport publié par 22 ONG avait estimé que l'UE importait 15 fois plus de biens (230 millions d'euros, contre 15 millions/an) en provenance des colonies israéliennes que des territoires palestiniens.

Les 27 ont également appelé les Palestiniens à utiliser leur nouveau statut à l'ONU "de manière constructive et à ne pas prendre de mesures qui pourraient aggraver l'absence de confiance" avec Israël.

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