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10/12/2012 09:40 EST | Actualisé 09/02/2013 05:12 EST

Les restrictions des libertés en Algérie persistent (militant)

La situation des droits de l'Homme en Algérie ne s'est pas améliorée avec la levée de l'état d'urgence en février 2011 et une dizaine de militants ont été poursuivis en justice en 2012, a déclaré lundi le président de la Ligue algérienne pour la défense des droits de l'Homme (LADDH).

"Je pense qu'il est inadmissible qu'en 2012, on soit toujours dans le contrôle de la société et les restrictions des libertés", a indiqué à l'AFP, Me Nourredine Benissad, président de la LADDH.

"Sur le plan politique, malgré la levée de l'état d'urgence (après 19 ans), nous constatons sur le terrain que les grandes libertés comme celles de manifester, créer des associations, se rassembler, la liberté de la presse" ne sont pas acquises.

Il a affirmé que l'audiovisuel public est un "espace pour propagande officielle où les débats contradictoires ne sont pas permis".

"Depuis début 2012, une dizaine de militants ont été poursuivis en justice et certains ont été condamnés pour avoir exprimé des idées pacifiques, tenté de distribuer des tracts à l'occasion des élections législatives (mai 2012) ou pour avoir témoigné leur solidarité à des mouvements de protestation".

La LADDH a organisé lundi un forum à l'occasion du 64e anniversaire de la déclaration universelle des droits de l'Homme.

Lundi matin, Me Farouk Ksentini président de la Commission nationale de promotion et de protection des droits de l'Homme (CNPPDH) a appelé à la radio nationale à une réforme de la justice.

"Ce qui a été mal fait doit être défait" a-t-il dit en citant comme exemple "+le code de procédures civile et administrative+ qui est une catastrophe et ne contient que des incohérences alors qu'il avait été présenté comme un texte novateur".

A l'issue d'une mission en Algérie, la Haut commissaire de l'ONU aux droits de l'Homme, Navy Pillay, avait fait état le 19 septembre de "certaines restrictions" imposées à des organisations de la société civile.

Le Parlement a adopté fin 2011 une nouvelle loi sur les associations, qui, selon l'opposition et les militants des droits de l'Homme va renforcer l'hégémonie étatique sur la société civile.

amb/sw