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10/12/2012 06:38 EST | Actualisé 09/02/2013 05:12 EST

Les rebelles syriens ont pris une autre base militaire dans le nord du pays

BEYROUTH - Les rebelles syriens ont pris le contrôle d'une partie d'une grande base militaire au nord d'Alep, renforçant l'emprise des insurgés sur les régions proches de la frontière turque, ont annoncé des militants de l'opposition lundi.

Les rebelles ont aussi déclaré qu'ils avaient tué 13 soldats dans une embuscade près d'une ville stratégique le long de la route qui mène d'Alep à Damas. Ils ont également capturé 20 soldats et policiers sur l'autoroute qui relie la ville de Salamiyeh, dans le centre du pays, à la ville de Raqqa, dans le nord.

Les rebelles semblent avoir repris de la force au cours des dernières semaines avec plusieurs avancées tactiques, prenant notamment le contrôle de bases aériennes près de Damas et d'Alep et mettant les forces gouvernementales en position défensive.

Dans une entrevue sur Dubaï TV, le principal transfuge militaire syrien a estimé que le régime de Bachar el-Assad était «fini» et a conseillé au président de quitter le pays pour laisser le peuple décider de son avenir.

«Nous avons atteint un point tournant et le train de la révolution se dirige vers la victoire», a déclaré Manaf Tlass, un général syrien qui appartenait à la garde rapprochée de Bachar el-Assad avant de rejoindre les rangs de l'opposition. M. Tlass, qui a fait défection en juillet, dit avoir demandé au président syrien d'écouter les demandes du peuple et de mettre en place de véritables réformes.

«Je parlais autrefois avec le président quatre fois par jour et je le voyais tous les jours. J'ai tenté de le convaincre de réagir aux rebelles. Il a toujours évité de répondre et disait qu'il s'agissait de gangs armés», a déclaré M. Tlass à Paris, où il passe l'essentiel de son temps depuis sa défection.

«Je lui ai dit des dizaines de fois, et parfois avec une voix forte (...) mais il ne répondait pas», a poursuivi l'ex-général. «C'est fini. (...) Je lui ai conseillé de partir.»

L'Observatoire syrien des droits de l'homme a déclaré que des rebelles étaient entrés dimanche après-midi sur la base Sheikh Suleiman, près d'Alep, après des semaines de combats dans les environs.

Le mois dernier, le rebelles s'étaient emparés de la base du 46e Régiment de l'armée syrienne dans la région d'Alep.

Le directeur de l'Observatoire, Rami Abdul-Rahman, a précisé que les rebelles qui ont pris le contrôle de la base Sheikh Suleiman appartiennent à des groupes islamistes extrémistes, dont le groupe Jabhat al-Nusra.

Ces groupes, qui comtent autant des Syriens que des étrangers dans leurs rangs, rassemblent certains des combattants les plus efficaces du côté rebelle. Mais les pays occidentaux craignent ces groupes et les États-Unis ont désigné Jabhat al-Nusra comme une organisation terroriste.

Cette décision, qui a pour effet de geler les avoirs du groupe aux États-Unis et interdit aux entreprises américaines de faire affaire avec lui, n'a pas été annoncée officiellement, mais elle a été inscrite au Registre fédéral lundi. Le département d'État estime que Jabhat al-Nusra est une émanation de la branche irakienne d'Al-Qaïda.

L'Observatoire a par ailleurs rapporté lundi des combats au sud de la ville stratégique de Maaret al-Numan, dans le centre du pays, prise par les rebelles en octobre. L'organisation affirme que les insurgés ont pris en embuscade une unité de l'armée, tuant au moins 13 soldats.

M. Abdul-Rahman a ajouté que les rebelles avaient pris le contrôle d'un autre poste de sécurité sur la route entre Salamiyeh et Raqqa, tuant au moins neuf soldats et policiers. Selon le directeur de l'Observatoire, il pourrait s'agir d'une avancée majeure pour perturber les routes d'approvisionnement des forces du régime.

Des militants de l'opposition ont également rapporté des affrontements ailleurs dans le pays, notamment dans la province de Deir el-Zour, dans la région de Homs et dans les villes et villages autour de l'aéroport international de Damas.