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10/12/2012 04:05 EST | Actualisé 08/02/2013 05:12 EST

Les Amis de la Syrie au Maroc pour consacrer la légitimité de la Coalition

Le groupe des "Amis du peuple syrien" se réunit mercredi pour la première fois depuis l'unification de l'opposition au sein d'une Coalition qui doit profiter du rendez-vous de Marrakech pour consacrer sa légitimité, via une possible pleine reconnaissance par Washington.

Au Maroc, les pays arabes et occidentaux auront aussi pour mission de renforcer l'aide humanitaire à l'approche de l'hiver et alors que la situation sur le terrain est dramatique.

Sur le plan politique, il s'agira de "soutenir la coalition nationale", qui "rassemble des personnalités, des fractions de l'opposition très élargie" et constitue "un interlocuteur très crédible", a expliqué le ministre marocain des Affaires étrangères, Saad Eddine El-Othmani.

Le groupe des Amis du peuple syrien rassemble plus d'une centaine de pays arabes et occidentaux, d'organisations internationales ainsi que des représentants de l'opposition syrienne. La réunion de Marrakech sera sa 4e au niveau ministériel, la première depuis celle de Paris en juillet.

Pressés par la communauté internationale de s'unir, les opposants syriens au régime de Damas se sont regroupés le 11 novembre au sein d'une Coalition que des pays comme la France et le Royaume-Uni ont déjà reconnue comme l'unique représentante du peuple syrien.

Les Etats-Unis pourraient leur emboîter le pas: "Maintenant qu'une nouvelle opposition s'est formée, nous allons faire ce que nous pouvons pour la soutenir", a dit la secrétaire d'Etat américaine, Hillary Clinton, qui sera à Marrakech.

"C'est un groupe qui vient de naître, mais il semble clairement avancer dans la bonne direction", a fait valoir jeudi un porte-parole du département d'Etat.

Dernière démarche d'unification en date de la part des opposants, l'annonce de la formation imminente d'un nouveau commandement militaire.

Celui-ci chapeautera la plupart des groupes rebelles à l'exception du Front al-Nosra, mouvement jihadiste dont la montée en puissance --ils ont pris lundi la dernière place forte de l'armée à l'ouest d'Alep-- inquiète Washington, qui pourrait annoncer son inscription sur la liste des "organisations terroristes".

Au-delà du seul cas américain, des pays poussent pour une reconnaissance commune de la Coalition par les pays présents à Marrakech.

"Nous espérons qu'un maximum de pays rejoignent nos lignes mais je ne sais pas si cette reconnaissance se fera de manière groupée ou individuelle", a déclaré un porte-parole du ministère français des Affaires étrangères, exprimant aussi l'espoir que la réunion "permette de jeter les bases de la constitution d'un gouvernement provisoire de la Syrie".

Interrogé par l'AFP sur la possibilité d'une reconnaissance commune, le chef de la nouvelle coalition, Ahmed Moaz al-Khatib, s'est montré optimiste.

Il a appelé "la conférence à être fidèle à son nom" et ses participant à se montrer "de vrais amis de la Syrie en apportant leur soutien avec toutes les ressources possibles", tout en évoquant comme "priorité" la question humanitaire.

"La situation actuelle en Syrie est une tache pour la conscience mondiale", a clamé lundi le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, une des trois personnalités chargées de recevoir le Nobel au nom de l'UE à Oslo.

Mme Clinton, elle, l'a réaffirmé mercredi dernier: la chute du régime de Bachar al-Assad "est inévitable" et "l'unique question est le nombre de personnes qui mourront d'ici là".

Pour l'instant, Washington s'en tient à une assistance humanitaire de 200 millions de dollars, ainsi qu'à l'envoi de matériel "non létal" aux rebelles.

Mais mi-novembre, le président français François Hollande avait estimé qu'il fallait soulever la question de la livraison d'armes à l'opposition syrienne, à laquelle Paris était jusqu'alors opposé.

Si l'administration américaine refuse officiellement toute livraison d'armes, elle a récemment parlé de "ligne rouge" à ne pas franchir en s'alarmant du possible recours par Damas à des armes chimiques.

La Syrie a assuré qu'elle n'utiliserait jamais de telles armes contre son peuple, et retourné ces accusations contre les rebelles.

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