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10/12/2012 01:43 EST | Actualisé 08/02/2013 05:12 EST

Grèves tournantes d'enseignants en Ontario : Dalton McGuinty blâme le syndicat

Le premier ministre ontarien, Dalton McGuinty, a accusé, lundi, le syndicat des enseignants anglophones du primaire « d'avoir perturbé neuf ans de paix dans les écoles », alors qu'ont débuté des grèves tournantes contre la loi spéciale 115.

Deux autres conseils scolaires seront touchés, mardi, dans le cadre de débrayages d'un jour prévus un peu partout dans la province d'ici Noël.

La loi 115 donne au gouvernement le pouvoir de bloquer toute grève, en plus de geler le salaire des enseignants durant deux ans, de réduire leurs congés de maladie et de leur imposer des jours de perfectionnement non payés.

La ministre de l'Éducation, Laurel Broten, a indiqué qu'elle tolérerait les grèves tournantes des enseignants anglophones, si le débrayage se limite à une journée par conseil scolaire. L'ensemble des conseils scolaires du réseau public anglais doivent être touchés d'ici Noël.

Grèves déjà annoncées :

  • Lundi : Avon Maitland et Ontario North East
  • Mardi : Niagara et Keewatin-Patricia
  • Mercredi : Hastings-Prince-Edward et Lakehead District
  • Jeudi : région de York, Renfrew et Trillium Lakelands

Le président de la Fédération des enseignants de l'élémentaire (FEEO) accuse la ministre de l'Éducation d'avoir semé le « chaos » dans les écoles.

Le premier ministre Dalton McGuinty, qui a fait de l'éducation l'une de ses grandes priorités, a accusé la Fédération des enseignants de l'élémentaire de prendre les élèves en otage au nom « d'une dispute salariale. »

Des syndicats d'enseignants contestent la loi spéciale devant les tribunaux, affirmant qu'elle viole leur droit constitutionnel à la négociation collective.

Au secondaire

De leur côté, les enseignants anglophones des écoles publiques du secondaire font la grève du zèle à partir de lundi et boycottent notamment les activités après les heures de classe.

Nombre d'élèves de la région de Toronto organisent des rassemblements dans différentes écoles cette semaine. Ils accusent les enseignants et la province de les prendre en otage. Ces élèves craignent notamment que les enseignants cessent de leur fournir des lettres de référence pour des bourses d'études universitaires. La Fédération des enseignants des écoles secondaires dit n'avoir donné aucune directive en ce sens à ses membres.

Ces grèves et moyens de pression ne touchent pas les écoles des réseaux français et catholiques anglais, dont les enseignants ont déjà ratifié leurs conventions collectives.

Chronologie :

  • mai-juin 2003 : Le Conseil scolaire catholique anglais de Toronto met 3500 enseignants en lock-out. Après deux semaines de suspension de cours, la province met fin au lock-out.
  • novembre 2002 : Les enseignants du Conseil scolaire catholique anglais de Simcoe-Muskoka débraient durant trois semaines. La province ordonne leur retour au travail.
  • avril 2001 : grève du personnel de soutien à Toronto
  • oct-nov 1998 : des enseignants d'un peu partout dans la province font la grève durant plusieurs semaines.

Libéraux critiqués

La ministre de l'Éducation, Laurel Broten, a admis la semaine dernière que les grèves d'enseignants constituaient un « inconvénient » pour les parents.

Toutefois, malgré des mois de ligne dure à l'endroit des enseignants et après avoir promis que l'année scolaire ne serait pas perturbée par des débrayages, elle n'utilisera pas la loi spéciale 115 pour le moment, au nom de « l'équilibre » entre le droit de grève des enseignants et le droit à l'enseignement des élèves.

La ministre a ajouté, jeudi dernier, que les documents nécessaires à l'utilisation de la loi spéciale en vertu d'un ordre ministériel étaient déjà prêts à être présentés au conseil des ministres, en cas de débrayage de plus d'un jour.

Le professeur de sciences politiques Ian Roberge, du Collège universitaire Glendon de Toronto, pense, lui, que le gouvernement McGuinty a raison d'insister en faisant valoir que le déficit provincial de 14,4 milliards de dollars nécessite des concessions salariales. Il ajoute, toutefois, que les libéraux ont « poussé la note ».

Selon le professeur Roberge, le conflit en éducation, qui était pourtant un secteur de réussite jusqu'à maintenant pour les libéraux, « ouvre la porte aux conservateurs ».

Nombre de candidats libéraux à la succession du premier ministre Dalton McGuinty ont cherché à se dissocier de la loi controversée, promettant de tenter de réparer les pots cassés avec les syndicats, s'ils sont choisis.