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10/12/2012 11:24 EST | Actualisé 09/02/2013 05:12 EST

Egypte: Morsi, en pleine crise politique, suspend des hausses de taxes

Le président égyptien Mohamed Morsi a suspendu dans la nuit des hausses de taxes sur des produits de base et de grande consommation, quelques heures avant leur entrée en vigueur, alors que le pays traverse une grave crise politique, a-t-on appris de sources officielles.

M. Morsi a demandé au gouvernement du Premier ministre Hicham Qandil "d'ouvrir un dialogue social sur ces mesures afin de ne pas alourdir le fardeau sur les citoyens", a rapporté l'agence officielle Mena.

Le porte-parole de la présidence, Yasser Ali, a précisé que la décision n'était pas annulée, mais "suspendue jusqu'à la fin de la consultation".

Cette suspension survient alors que le président islamiste a décidé de maintenir pour samedi un référendum sur un projet de Constitution qui divise profondément le pays, et contre lequel l'opposition libérale et de gauche appelle à de nouvelles manifestations mardi.

Les hausses devaient concerner des produits comme l'acier, le ciment, les sodas, la bière ou encore les cigarettes.

Le parti des Frères musulmans, Liberté et Justice (PLJ), dont est issu M. Morsi, avait publié dans la nuit un communiqué pour "rejeter toute politique du gouvernement qui alourdit le fardeau des pauvres".

L'Egypte connaît depuis la chute de Hosni Moubarak en février 2011 de graves difficultés économiques provoquées en particulier par la chute du tourisme et l'effondrement des investissements étrangers, autrefois florissants.

Cette crise a déjà amené le gouvernement à prendre des mesures d'austérité comme une réduction des subventions sur le gaz butane et sur l'électricité, rappelle l'agence Mena.

L'Egypte attend un feu vert définitif du Fonds monétaire international (FMI) à une demande de prêt 4,8 milliards de dollars pour l'aider à surmonter cette situation et accompagner des mesures destinées à lutter contre l'aggravation du déficit budgétaire.

Le 27 novembre, le FMI avait indiqué qu'un "changement majeur" dans la politique économique en Egypte pourrait remettre en cause le pré-accord annoncé une semaine plus tôt.

cr/cnp