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10/12/2012 03:40 EST | Actualisé 09/02/2013 05:12 EST

DSK: un objectif, se façonner une image moins sulfureuse

Dominique Strauss-Kahn, 63 ans, qui a vu son ambition présidentielle fracassée par le scandale planétaire de l'affaire du Sofitel de New York, espère désormais se façonner une image moins sulfureuse en misant sur sa réputation de brillant économiste.

DSK a tourné, lundi, la page new-yorkaise de l'extraordinaire saga judiciaire dont il est la vedette malgré lui depuis le 14 mai 2011. Avec la finalisation d'un accord financier au contenu confidentiel avec Nafissatou Diallo, la femme de chambre guinéenne qui l'accusait d'agression sexuelle, l'ancien patron du Fonds monétaire international (FMI) en a fini avec les tribunaux américains.

Une heure, ce samedi 14 mai 2011, a suffi à briser une image flatteuse et à plonger un homme dans le tourbillon juridico-médiatique. DSK passait alors aux yeux des opinions pour une figure de l'économie mondiale, un brillant dilettante, possible président de la République française. "Cela a énormément fasciné parce qu'il était au sommet et qu'il s'est retrouvé dans le caniveau", en quelques instants, a résumé Stéphane Zagdanski, auteur d'un roman sur DSK.

Sujet d'une déferlante d'articles, de livres et de films sur son histoire, moqué par les humoristes sur sa sexualité débordante, DSK a amorcé sa réapparition dans la vie publique en flânant récemment au marché de Sarcelles (Val-d'Oise), ville dont il fut le maire, en accordant une interview à un hebdomadaire et en participant à plusieurs conférences à l'étranger: "C'est un rôle qui me convient bien", a-t-il dit, "et que j'entends tenir dans les années qui viennent".

Il n'est plus dans "l'action" mais dans la "réflexion", selon ses mots, assurant n'en tirer "aucune" frustration. Il a aussi créé une société de conseil à Paris.

L'ancien ministre socialiste s'est séparé d'Anne Sinclair, ex-star de la télévision, qu'il avait épousée en troisièmes noces en 1991. Devenue en janvier dernier directrice éditoriale du site Huffington Post en France, la journaliste a largement soutenu financièrement et moralement son mari dans l'épreuve, payant notamment en partie ses frais d'avocat.

Après l'abandon des poursuites pénales pour crimes sexuels contre lui à la fin août 2011 dans l'affaire du Sofitel de New York, DSK peut se targuer d'avoir eu gain de cause dans l'affaire Tristane Banon. Le 13 octobre de cette année-là, le parquet de Paris a classé sans suite la plainte de la romancière, qui accusait DSK d'une tentative de viol en 2003, à cause de la prescription des faits. Le parquet a toutefois estimé que des faits qualifiés d'agression sexuelle étaient "reconnus". Tristane Banon a renoncé à le poursuivre en se constituant partie civile, déclarant se satisfaire de la reconnaissance de son "statut de victime" par le parquet.

DSK reste par ailleurs mis en examen pour proxénétisme aggravé en bande organisée dans l'affaire dite du Carlton de Lille, qui porte sur l'organisation de soirées libertines avec des prostituées. Ses défenseurs ont demandé la nullité de la procédure et la justice doit se prononcer le 19 décembre.

Devenu en novembre 2007, l'un des puissants de ce monde en prenant les rênes du FMI, celui qui s'est retrouvé en première ligne face à la crise était souvent présenté comme "le médecin de l'économie mondiale". Ou comme "l'affameur de la planète" par ses détracteurs. Professeur d'économie et avocat d'affaires --docteur ès sciences économiques et agrégé, HEC et Sciences Po--, ce pédagogue sait expliquer la crise avec des mots simples. L'homme à la stature massive, légèrement voûté, est aussi souvent taxé de dilettantisme.

Polyglotte anglais-allemand, DSK est né à Neuilly-sur-Seine le 25 avril 1949, mais a grandi à Agadir, au Maroc. Il est issu d'une complexe saga familiale, aux origines juives séfarades et ashkénazes. Adhérent du PS depuis 1976, ce chantre d'"un socialisme du réel" a été plusieurs fois député du Val-d'Oise avant de devenir en 1997 ministre du gouvernement Jospin.

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