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09/12/2012 12:14 EST | Actualisé 08/02/2013 05:12 EST

Tunisie: le gouvernement présente sa stratégie de lutte contre la corruption

Le gouvernement tunisien a présenté à l'Assemblée nationale constituante (ANC) une stratégie de lutte contre la corruption, lors d'une séance plénière dimanche, a-t-on indiqué de source gouvernementale.

"La consolidation de l'instance indépendante de lutte contre la corruption, la participation de la société civile et la formation des journalistes sont les principaux axes de cette stratégie", a indiqué Abderrhamane Ladgham, ministre chargé de la lutte anti-corruption.

M. Ladgham a appelé les députés de l'ANC à valider "dans les plus brefs délais" les conventions internationales relatives à l'échange d'informations et à la lutte contre la fraude afin de "permettre à la Tunisie de récupérer les avoirs détournés", notamment par la famille du président déchu Ben Ali.

"La récupération de ces avoirs est notre première priorité", a-t-il précisé.

La corruption et le népotisme du régime déchu étaient un des facteurs ayant déclenché la révolution de 2011 qui a chassé du pouvoir Zine El Abidine Ben Ali, dont les proches avaient placé l'économie sous coupe réglée.

Ben Ali, son clan et celui de sa femme Leïla Trabelsi, sont poursuivis dans plusieurs affaires de corruption. Le gouvernement a estimé à 13 milliards de dollars les avoirs et biens confisqués à sa famille et à son parti, le Rassemblement constitutionnel démocratique (RCD, dissous).

La corruption et la répartition des intérêts économiques de la famille du président déchu sont des dossiers clés en Tunisie mais sur lesquels le gouvernement, dominé par les islamistes, n'a que peu avancé.

Le président Moncef Marzouki et le chef du gouvernement Hamadi Jebali ont assisté à la présentation de la stratégie anti-corruption au palais du Bardo, marquée par l'absence de députés de l'opposition et des représentants de la centrale syndicale.

Le principal syndicat tunisien, l'UGTT, est en conflit avec le parti islamiste Ennahda, et appelle à une grève générale jeudi pour dénoncer une attaque de ses locaux par des militants islamistes.

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