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09/12/2012 01:29 EST | Actualisé 08/02/2013 05:12 EST

Six blessés lors d'une manifestation d'étudiants à Khartoum

Six personnes ont été blessées dimanche lors de heurts entre la police soudanaise et plusieurs centaines de manifestants rassemblés dans le centre de Khartoum en soutien à quatre étudiants darfouris tués vendredi, a constaté un journaliste de l'AFP.

De nombreux manifestants ont également été arrêtés par les forces de l'ordre, et un bus appartenant à la ville a été incendié, a indiqué la même source.

La station officielle de radio Omdurman a rapporté en citant la police que 47 personnes avaient été placées en détention quand la police a dispersé une "tentative de perturbation".

Au moins deux personnes ont été blessées à la tête et un à la jambe, tandis que deux femmes présentaient des troubles respiratoires, apparemment dus aux gaz lacrymogènes tirés par la police, selon l'AFP.

La mort vendredi de quatre étudiants originaires du Darfour, après une manifestation réprimée contre une augmentation des frais de scolarité à laquelle ils avaient participé, a fait ressurgir des appels à la chute du gouvernement.

"Le peuple veut la chute du régime", ont scandé des manifestants, reprenant le slogan du Printemps arabe déjà mis à l'honneur en juin et en juillet au Soudan, quand le pays avait été secoué par une série de manifestations contre l'inflation, lancées d'abord sur les campus, qui avaient souvent dégénéré en appels à faire tomber le régime de Omar el-Béchir, au pouvoir depuis 23 ans.

La manifestation a été dispersée par la police et une centaine d'entre eux ont ensuite parcouru trois km de l'Université de Khartoum à l'Université du Nil où plusieurs centaines d'autres étudiants les ont rejoints.

"Tuer des étudiants, c'est tuer la nation", criaient les manifestants qui se sont ensuite dirigés vers un terminal de bus.

La police a alors tiré des gaz lacrymogènes mais les manifestants se sont à nouveau rassemblés et ont lancé des pierres en direction des forces de l'ordre.

Plus tôt dans la matinée, 500 personnes s'étaient rassemblées sur le campus de l'Université de Khartoum pour célébrer les funérailles virtuelles des quatre étudiants de l'Université de Gezira, au sud de la capitale, retrouvés noyés vendredi soir après avoir participé à une manifestation.

Le rassemblement de vendredi, qui dénonçait une hausse des frais d'inscription pour les étudiants darfouris, avait été dispersé par les membres d'un syndicat d'étudiants pro-gouvernemental, et 80 manifestants avaient été arrêtés.

Des manifestations de soutien aux étudiants ont également eu lieu à Port-Soudan, a indiqué un témoin.

Plusieurs manifestations de soutien avaient déjà eu lieu sur différents campus de la capitale et des alentours samedi, alors que les autorités ont temporairement fermé l'université de Gezira.

Les étudiants originaires du Darfour, région de l'ouest du pays en proie à des violences, exigent l'application d'un accord de paix conclu en 2011 entre le gouvernement et une alliance de factions rebelles prévoyant une exemption des frais d'inscription pendant 5 ans dans les universités publiques pour les enfants des familles déplacées pendant le conflit.

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