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09/12/2012 05:09 EST | Actualisé 07/02/2013 05:12 EST

Les rebelles redoutent la présence d'armes chimiques sur une garnison assiégée

Les rebelles ont suspendu leurs bombardements sur la base militaire de cheikh Souleimane, garnison qu'ils assiègent depuis plusieurs semaines dans le nord-ouest de la Syrie, redoutant la présence d'armes chimiques, selon l'un de leurs commandants dans la région.

"Il y a une forte probabilité pour qu'il y ait des armes chimiques sur la base de cheikh Souleimane, même si nous n'en sommes pas totalement sûrs", a déclaré à l'AFP Cheikh Azam Ajamar.

A environ 12 km au nord-ouest de la ville d'Alep, la base de cheikh Souleimane est la dernière garnison de l'armée dans cette région limitrophe des provinces d'Alep et d'Idleb, aujourd'hui presque entièrement sous contrôle de la rébellion.

La base abrite notamment un "Centre de recherche scientifique" ultra-secret qui pourrait être lié au programme d'armement chimique du régime, selon plusieurs commandants rebelles des unités faisant le siège de la garnison.

Fin novembre, les rebelles promettaient un assaut imminent sur la base. Cet assaut a finalement été repoussé, du fait de la possible présence de ces armes ou composants chimiques, ont affirmé à l'AFP plusieurs sources rebelles.

"Nous avons étudié la situation, les conditions n'étaient pas réunies pour attaquer, nous avons donc revu nos plans en conséquence", a confirmé Cheikh Ajamar.

"Si nous attaquons cheikh Souleimane, nous craignons d'endommager ces armes chimiques. Donc nous allons prendre notre temps, nous avons choisi l'option d'assiéger la base plutôt que de l'attaquer", a expliqué ce chef militaire, à la tête d'un centre de commandement rebelle à Bishqatin, localité à 4 km à l'ouest d'Alep.

"Jusqu'à présent, nous n'avons pas utilisé d'armes lourdes pour bombarder cheikh Souleimane, et nous ne le ferons pas" pour éviter de provoquer ainsi un accident avec les armes ou composants chimiques peut-être stockés sur place.

"Nous continuerons de faire le siège de la base, sans y pénétrer, jusqu'à la chute du régime à Damas et l'arrivée au pouvoir d'une autorité légitime", a poursuivi Cheikh Ajamar, ajoutant: "même si cela doit prendre du temps, ce n'est pas un problème, peu importe".

"Les armes chimiques ne doivent pas tomber entre de mauvaises mains"

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Cheikh Ajamar est l'un des chefs militaires de trois des multiples brigades rebelles faisant le siège de la base: les brigades Noureddine Zinki, Al-Beït, et Al-Ansar, unités à composante islamiste mais se disant membres de l'Armée syrienne libre (ASL).

"Si la base tombe entre nos mains, nous n'avons aucun intérêt à utiliser ces armes chimiques, et nous ne savons pas les utiliser, donc cela ne nous sert à rien", a expliqué Cheikh AJamar.

"Nous comprenons les inquiétudes de la communauté internationale, ces armes sont un sujet très sensible et elles ne doivent pas tomber entre de mauvaises mains", a-t-il souligné.

"Nous ne laisserons personne s'en emparer, pas même un autre groupe rebelle. Si ces armes tombent entre de mauvaises mains, ce sera très mauvais pour le peuple syrien et la révolution", a-t-il jugé.

La décision de ne pas attaquer la base "a été prise par les révolutionnaires seuls, sans aucune intervention ou demande d'un pays étranger", a-t-il assuré. "Et puis il n'est pas indispensable de s'en emparer, cette base est plus petite que la Base 46 ou d'autres garnisons".

Mi-novembre, les insurgés avaient pris le contrôle de la Base 46, une autre caserne à l'ouest d'Alep, mettant la main sur une grande quantité d'armes et munitions, dont des missiles sol-air SA-16, selon eux.

Quelques jours plus tard, un hélicoptère et un MIG-23 de l'aviation syrienne avaient été abattus en moins de 24 heures à l'aide de ces missiles alors qu'ils survolaient les environs de la base de cheikh Souleimane.

"Depuis, les avions ne survolent plus qu'à très haute altitude et ne bombardent plus", selon Cheikh Ajamar. "En revanche les tirs d'artillerie lourde sur la zone se poursuivent, avec notamment des missiles de type Luna", a affirmé le chef de guerre.

Ce missile de fabrication soviétique (connu sous la désignation de FROG-7A), et d'une taille de 8 mètres presque équivalente au SCUD, a une portée d'environ 70 km.

hba/sk/hj