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09/12/2012 12:15 EST | Actualisé 08/02/2013 05:12 EST

Le "mur budgétaire" américain: résumé des épisodes passés

Il reste 24 jours avant le "mur budgétaire", cette échéance fiscale qui menace de récession les Etats-Unis. Voici un résumé des enjeux et propositions du président Barack Obama et des républicains.

+ LE NOM: le "mur budgétaire" ("fiscal cliff", littéralement "falaise fiscale") désigne le choc économique qui frapperait les Etats-Unis si les mesures automatiques de réduction du déficit, contenues dans une loi de 2011, entraient en vigueur en janvier.

+ L'ORIGINE: incapables de s'accorder sur un plan de réduction du déficit, les élus du Congrès et Barack Obama ont créé en 2011 une "super-commission" parlementaire chargée de concocter un plan de réduction. Cette commission a à son tour échoué à se mettre d'accord. Or selon la loi, cet échec enclenche automatiquement le 2 janvier 2013 une baisse des dépenses publiques de 7 à 9%. Parallèlement, l'impôt sur le revenu doit augmenter pour 90% des Américains, d'environ 2.000 dollars (1.500 euros) par an pour un ménage moyen selon le Tax Policy Center. Ce "remède de cheval" doit permettre de réduire le déficit de 1.200 milliards de dollars d'ici 2021.

+ LES NEGOCIATIONS: les démocrates, qui contrôlent la Maison Blanche et le Sénat, et les républicains, majoritaires à la Chambre des représentants, sont d'accord sur la nécessité de trouver un nouveau plan de réduction du déficit, qui protège au moins la classe moyenne. Mais les négociations achoppent sur le taux d'imposition des plus riches, que les républicains refusent d'augmenter.

+ MONTANT de la réduction du déficit, en fonction du plan proposé par chaque camp:

- Barack Obama: 2.000 milliards de dollars sur 10 ans, reposant surtout sur des hausses d'impôts.

- Républicains: 2.200 milliards, surtout à base de réductions des dépenses publiques.

+ RENTREES FISCALES:

- Barack Obama: 1.560 milliards. Environ 1.000 milliards viendraient du relèvement de 35% à 39,6% du taux de l'impôt sur les revenus supérieurs à 250.000 dollars par an pour un couple, ou 200.000 dollars pour une personne seule (soit les 2% d'Américains les plus riches). Et 600 milliards seraient économisés en rabotant les déductions fiscales pour les plus aisés.

- Républicains: 800 milliards, sans augmenter les impôts, uniquement en supprimant des niches et déductions fiscales non identifiées.

+ REDUCTIONS DES DEPENSES:

- Barack Obama: 600 milliards, répartis entre "Medicare", le système public d'assurance-maladie pour les plus de 65 ans, et d'autres budgets.

- Républicains: 1.400 milliards, un niveau qualifié de "draconien" pour le porte-feuille "santé" du gouvernement par le centre de réflexion CBPP. Certains ont avancé l'idée d'un recul de l'âge de la retraite à taux plein, actuellement de 67 ans.

+ STIMULUS:

- Barack Obama: 200 milliards de nouvelles dépenses dans les infrastructures, l'allègement de charges sociales, les allocations chômage.

- Républicains: aucune mesure de relance.

+ PLAFOND DE LA DETTE:

- Le relèvement du plafond de la dette, une prérogative du Congrès, est nécessaire pour permettre au gouvernement d'emprunter au-delà du premier trimestre 2013, quand il atteindra la limite actuelle. Cette hausse du plafond n'a rien à voir avec le "mur budgétaire" mais les républicains menacent de voter contre pour gagner du poids dans les négociations.

ico/lor