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09/12/2012 05:50 EST | Actualisé 08/02/2013 05:12 EST

La Cour suprême pourrait régler l'affaire du dossier de la GRC sur Tommy Douglas

Le journaliste de La Presse Canadienne Jim Bronskill demande la permission de porter devant la Cour suprême du Canada la bataille juridique qu'il mène depuis sept ans pour obtenir la publication du dossier secret sur la légende néo-démocrate et ancien premier ministre de la Saskatchewan, Tommy Douglas.

Selon l'avocat de M. Bronskill, Paul Champ, le cas va bien au-delà du simple accès aux informations recueillies par l'ancien service de renseignements de la Gendarmerie royale du Canada (GRC), il y a des décennies, sur le regretté père du système de soins de santé universel du Canada.

Le plus haut tribunal du pays devra surtout décider si la sécurité nationale l'emporte sur le droit du public de consulter des documents historiques.

Me Champ a affirmé que, pour son client, les renseignements glanés au nom de la sécurité ne devaient pas être cachés à la population pour l'éternité, qu'il y avait un moment où ils devaient être mis à la disposition des historiens et des reporters afin de les aider à mieux comprendre l'histoire nationale.

L'affaire découle d'une requête présentée en 2005 par Jim Bronskill, en vertu de la Loi sur l'accès à l'information, afin d'obtenir le dossier de la GRC sur M. Douglas.

Un partie du dossier publié

À la suite de la demande, Bibliothèque et Archives du Canada, qui détient le document, n'a publié qu'environ 400 pages très censurées du fameux rapport, qui en compte 1142.

Comme le commissariat fédéral à l'information s'est rangé du côté du gouvernement, qui soutient que le dossier doit demeurer confidentiel, le journaliste s'est adressé aux tribunaux.

Le Service canadien du renseignement de sécurité (SCRS), qui a remplacé le service de renseignements de la GRC et a agi comme conseiller auprès de Bibliothèque et Archives du Canada, s'est vivement opposé à ce que le document soit rendu public dans sa version complète et non censurée, assurant que cela compromettrait la sécurité nationale.

D'après Paul Champ, le SCRS craint surtout que la publication d'autres sections du dossier ne le mette dans l'embarras en révélant l'ampleur des opérations d'espionnage dont a fait l'objet l'un des politiciens les plus aimés du pays.

Les pages publiées jusqu'à maintenant montrent que la GRC a espionné Tommy Douglas des années 30 à sa mort en 1986 et qu'elle semble s'être plus particulièrement intéressée aux liens du premier chef néo-démocrate fédéral avec les mouvements en faveur de la paix et le Parti communiste.