NOUVELLES
09/12/2012 09:44 EST | Actualisé 08/02/2013 05:12 EST

Khartoum: lacrymogènes et matraques contre une manifestation d'étudiants

La police soudanaise a fait usage de gaz lacrymogènes et de matraques pour disperser plusieurs centaines de manifestants rassemblés dans le centre de Khartoum en soutien à quatre étudiants darfouris morts vendredi, ont rapporté des témoins.

"Le peuple veut la chute du régime", ont scandé des manifestants, reprenant le slogan du Printemps arabe déjà mis à l'honneur en juin et en juillet au Soudan, quand le pays avait été secoué par une série de manifestations contre l'inflation, lancées d'abord sur les campus, qui avaient souvent dégénéré en appels à faire tomber le régime de Omar el-Béchir, au pouvoir depuis 23 ans.

La manifestation a été dispersée par la police et une centaine d'entre eux ont ensuite parcouru trois km de l'Université de Khartoum à l'Université du Nil où plusieurs centaines d'autres étudiants les ont rejoints.

"Tuer des étudiants, c'est tuer la nation", criaient les manifestants qui se sont ensuite rassemblés à un terminal routier.

La police a alors tiré des gaz lacrymogènes mais les manifestants se sont à nouveau rassemblés et ont lancé des pierres en direction des forces de l'ordre.

Plus tôt dans la matinée, 500 personnes s'étaient rassemblées sur le campus de l'Université de Khartoum pour célébrer les funérailles virtuelles de quatre étudiants de l'Université de Gezira, au sud de la capitale, retrouvés noyés vendredi soir après avoir participé à une manifestation.

Le rassemblement de vendredi, qui dénonçait une hausse des frais d'inscription pour les étudiants darfouris, avait été dispersé par les membres d'un syndicat d'étudiants pro-gouvernemental, et 80 manifestants avaient été arrêtés.

Plusieurs manifestations de soutien avaient déjà eu lieu sur différents campus de la capitale et des alentours samedi, alors que les autorités ont temporairement fermé l'université de Gezira.

Les étudiants originaires du Darfour, région de l'ouest du pays en proie à des violences, exigent l'application d'un accord de paix conclu en 2011 entre le gouvernement et une alliance de factions rebelles prévoyant une exemption des frais d'inscription pendant 5 ans dans les universités publiques pour les enfants des familles déplacées pendant le conflit.

str-it/fc/sw