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09/12/2012 05:27 EST | Actualisé 08/02/2013 05:12 EST

Conflit syrien: des émissaires des États-Unis et de la Russie discutent à Genève

Alors que la guerre civile syrienne a une nouvelle fois débordé au Liban dimanche et que le régime de Bachar el-Assad accuse un autre revers avec la défection à de neuf juges et procureurs, les pourparlers diplomatiques ont eu lieu pour tenter de trouver une sortie du conflit.

À Genève, le représentant spécial des Nations unies et de la Ligue arabe pour la Syrie, Lakhdar Brahimi, a rencontré le ministre des Affaires étrangères adjoint de la Russie, Mikhail Bogdanov, et le secrétaire d'État adjoint américain, William Burns, pour discuter de la crise.

Dans un communiqué conjoint, ils ont convenu que la situation en Syrie était mauvaise et allant en s'empirant et qu'une solution politique pour mettre fin au conflit était toujours nécessaire et toujours possible.

La Russie et les États-Unis se sont disputés amèrement sur la façon d'aborder le conflit, qui a commencé en mars 2011 avec des manifestations pacifiques contre le régime d'el-Assad et a depuis sombré dans une guerre civile qui a fauché 40 000 vies, selon des estimations.

Les États-Unis accusent Washington de protéger le régime d'el-Assad, tandis que Moscou accuse Washington d'encourager les rebelles et d'être résolus à un changement de régime.

À Moscou, le ministre des Affaires étrangères Sergeï Lavrov a dit que la Russie avait accepté de participer aux pourparlers à Genève à condition qu'il n'y ait pas de demandes pour la démission d'el-Assad. Washington et ses alliés, dont la Turquie et le Qatar, ont plusieurs fois appelé à la démission du président syrien pour aider à mettre fin au bain de sang.

M. Lavrov a indiqué que la Russie ne participait à aucune négociation sur le sort de Bachar el-Assad et que les Américains avaient tort de croire et d'envoyer le message que la Russie adoucissait sa position face à la Syrie.

«Nous n'avons pas changé notre position», a-t-il martelé.

Répondant aux peurs que le président syrien pourrait utiliser des armes chimiques pour tenter de sauver son régime, M. Lavrov a répété que le gouvernement syrien avait donné des assurances qu'il n'avait aucune intention d'utiliser des armes de destruction massive.

Il a ajouté que la Russie n'était pas attachée au régime actuel mais qu'elle croyait que seuls les Syriens devaient choisir leurs leaders.

À Washington, un haut-responsable a indiqué sous-couvert de l'anonymat que les États-Unis demeuraient prêts à tenir des discussions additionnelles au cours des semaines à venir, si elles aident à «avancer le processus de transition politique auquel le peuple syrien aspire».

À Doha, où avait lieu une réunion de la Ligue arabe, le premier ministre et le ministre des affaires étrangères du Qatar ont poussé Bachar el-Assad à démissionner.