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08/12/2012 10:19 EST | Actualisé 07/02/2013 05:12 EST

Tunisie: des militants islamistes manifestent contre la corruption

Des centaines de Tunisiens, essentiellement des islamistes, ont réclamé samedi que les "symboles de la corruption" soient traduits en justice et que le principal syndicat du pays soit "purgé" des "restes de l'ancien régime".

"Le peuple veut assainir le pays!", "Peuple, soulève-toi contre les acolytes du dictateur", ont scandé les manifestants rassemblés dans le centre de Tunis à l'appel en particulier de la Ligue de protection de la révolution, organisation proche des islamistes au pouvoir.

"+Jugez Kamel Eltaïef+ est le principal mot d'ordre", a déclaré à l'AFP Mohamed Cherif Jebali, l'avocat qui a porté plainte contre cet influent homme d'affaires, ancienne éminence grise de l'ex-président Zine El Abidine Ben Ali, inculpé de "complot contre la sûreté de l'Etat".

"Cet homme est le fer de lance de la contre-révolution, son dossier édifiant est aux mains de la justice qui traîne", a affirmé l'avocat.

M. Eltaïef, devenu proche de l'opposition, accuse pour sa part le pouvoir de vouloir lui intenter un procès politique et affirme être dans le collimateur de milices islamistes.

Défilant par groupes sur un parcours sévèrement encadré par la police, les manifestants portaient pour certains l'étendard noir des salafistes ou le drapeau national et ont aussi crié leur colère contre la direction de l'Union générale tunisienne du travail (UGTT, centrale historique).

"L'UGTT est devenue l'otage de la gauche, elle doit cesser de faire de la politique pour jouer son rôle de défense de tous les travailleurs", a affirmé Hedi Belaïd, un ancien dirigeant syndical.

"Je ne connais pas ces gens mais je marche avec eux parce que la corruption et l'impunité sont devenues le nef de la guerre en Tunisie", a déclaré Abdelatif Elwafi, un tunisien "apolitique" venu lui aussi dénoncer la corruption.

Les manifestations ont été encadrées par la police, malgré l'interdiction du rassemblement annoncée vendredi soir par le ministère de l'Intérieur.

Le parti islamiste Ennahda, qui dirige le gouvernement, avait appelé samedi à éviter les manifestations dans le centre de Tunis, évoquant "des risques d'infiltration et de dérapages".

L'UGTT avait pour sa part appelé à une grève générale jeudi pour dénoncer une attaque de ses locaux deux jours plus tôt par des militants de la Ligue de protection de la révolution.

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