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08/12/2012 03:49 EST | Actualisé 06/02/2013 05:12 EST

Syrie: Londres met en garde contre l'utilisation par Damas d'armes chimiques

Le ministre britannique des Affaires étrangères William Hague a mis en garde samedi contre l'utilisation par le régime de Damas d'armes chimiques ou biologiques, et affirmé que son pays n'avait jamais exclu une intervention militaire en Syrie.

"Nous sommes extrêmement inquiets face aux stocks d'armes chimiques et biologiques, et aux informations selon lesquelles le régime pourrait les utiliser", a déclaré M. Hague à un groupe de journalistes, dont celui de l'AFP, en marge d'un forum sur la sécurité régionale à Manama.

Il a mis en garde contre plusieurs "scénarios dangereux", dont l'utilisation de ces armes par le régime de Bachar al-Assad ou le fait que ces armes puissent "tomber aux mains d'autres" groupes.

"Nous avons délivré, aux côtés des Etats-Unis, un message fort au régime", le mettant en garde contre l'utilisation de ces armes, a-t-il ajouté.

"Nous avons élaboré des plans d'urgence" en cas de recours à ces armes, a poursuivi le ministre, refusant de donner plus de détails.

Interrogé sur la possibilité de la participation de son pays à une intervention militaire, il a répondu que le gouvernement britannique n'avait "jamais écarté aucune option" mais qu'il continuait pour le moment de "soutenir une transition pacifique".

Il a également souligné qu'il n'était pas "dans la politique de la Grande-Bretagne de fournir des armes" à l'opposition syrienne ou à toute autre partie au Proche-Orient mais assuré qu'elle lui apportait une aide en matière "d'équipements de télécommunications" et une assistance humanitaire.

Il a exprimé l'espoir que la nouvelle coalition de l'opposition obtiendrait une plus grande reconnaissance internationale lors de la réunion le 12 décembre à Marrakech, au Maroc, des "Amis du peuple syrien".

La communauté internationale a multiplié ces derniers jours les mises en garde à M. Assad contre tout recours à des armes chimiques, des responsables américains s'exprimant sous le couvert de l'anonymat assurant que l'armée avait chargé avec du gaz sarin des bombes destinées à être larguées par avion.

Le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon a estimé que le recours à ces armes serait un "crime scandaleux".

La Syrie a assuré qu'elle n'utiliserait jamais, "si elle en possède", d'armes chimiques contre son peuple. Toutefois, Moscou, son grand allié, a implicitement reconnu leur existence, affirmant qu'elles étaient "sous contrôle étroit".

La Syrie est en proie depuis la mi-mars 2011 à une révolte populaire contre le régime de M. Assad qui s'est militarisée face à sa répression sanglante par les troupes. Les violences ont fait en près de 21 mois plus de 42.000 morts, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

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