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08/12/2012 08:27 EST | Actualisé 07/02/2013 05:12 EST

Syrie: formation d'un nouveau commandement rebelle excluant les jihadistes

Un nouveau commandement chapeautant la plupart des groupes rebelles combattant en Syrie, à l'exception des jihadistes du Front al-Nosra, doit être annoncé incessamment, a déclaré samedi à l'AFP le secrétaire général de la Coalition de l'opposition syrienne Moustapha Sabbagh.

"La coalition va annoncer la création du Conseil militaire suprême avant la tenue de la réunion des Amis du peuple syrien à Marrakech", au Maroc, le 12 décembre, a précisé M. Sabbagh, venu à Bahreïn participer au Dialogue de Manama, un forum sur la sécurité régionale.

Selon lui, cette instance regroupera "les commandants des différents conseils militaires sur le terrain et les forces qui combattent le régime, notamment l'Armée syrienne libre (ASL)".

"Il s'agit d'une initiative très importante pour unifier l'action militaire. C'est exclusivement à ce conseil que nous verserons l'aide matérielle que nous obtiendrons", a-t-il souligné.

Quant aux groupes extrémistes islamistes armés, comme le Front al-Nosra qui avait annoncé son rejet de la Coalition de l'opposition, ils ne feront pas partie de cette instance militaire, selon lui.

"Al Nosra n'en fera pas partie, car les groupes extrémistes constituent une minorité", a-t-il ajouté.

Un responsable militaire rebelle s'exprimant sous le couvert de l'anonymat a confirmé à l'AFP que ce groupe ne ferait pas partie de cette nouvelle structure "car ses membres ne sont pas intéressés (à en faire partie) et ils sont accusés d'être des terroristes".

Pourtant, ces six derniers mois de guerre entre forces gouvernementales et insurgés ont été marqués par une montée en puissance dans les rangs rebelles des groupes jihadistes, a constaté l'AFP, avec l'émergence sur le devant de la scène du Front al-Nosra, dont les hommes sont présents sur toutes les lignes de front.

Un haut responsable de ce nouveau commandement a précisé à l'AFP que la nouvelle structure est "un état-major qui rassemble des représentant de toutes les forces combattant sur le terrain. Ce sont les commandants militaires et civils. Il sera chargé de diriger de manière unifiée les forces", a-t-il dit.

Selon lui, des centaines d'officiers et des chefs révolutionnaires ont participé à cette réunion ainsi que des représentants de 12 pays, dont le Qatar, la Turquie, les USA et la France. La composition de l'état-major est "le résultat de longues réunions tenues en Antalya (Turquie) durant ces derniers jours".

Les participants ont convenu que le général Selim Idriss, un ingénieur militaire qui a fait défection en juillet 2012, soit le chef du nouvel état-major, a ajouté ce haut responsable décrivant le général Idriss comme "un modéré qui a du charisme".

Quant aux anciens chefs militaires de l'ASL, les généraux Riad al-Assaad et Moustapha al-Cheikh, ils ne font pas partie de cette nouvelle structure "car elle ne réunit que les combattants sur le terrain" alors qu'eux se trouvent le plus souvent en Turquie, a-t-il ajouté.

Selon l'autre responsable militaire, le commandement compte 30 personnes, 10 officiers et 20 civils, parmi lesquels le colonel Qassem Saad Edine, chef du conseil militaire de Homs et porte-parole de l'ASL à l'intérieur, le colonel Moustafa Abdel Karim et Abdel Qader Saleh, chef de Liwa al-Tawhid, proche des Frères musulmans.

Les participants ont décidé de créer cinq régions militaires.

Soumises à une intense pression internationale et arabe, la majorité des composantes de l'opposition s'étaient unifiées en signant le 11 novembre à Doha un accord sur la constitution de la "Coalition nationale syrienne pour les forces de l'opposition et de la révolution".

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