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08/12/2012 04:18 EST | Actualisé 07/02/2013 05:12 EST

Conférence de Doha: une entente à l'arrachée et des avancées décevantes

MONTRÉAL - Les pays réunis à la Conférence sur les changements climatiques de Doha ont eu besoin d'une journée supplémentaire pour en arriver à une entente qui a finalement déçu les attentes — déjà bien peu élevées — des groupes écologistes.

L'accord à l'arrachée a finalement été conclu samedi, avec une journée de retard sur le calendrier des négociations. Le protocole de Kyoto sera prolongé jusqu'en 2020.

Le pacte, qui a vu le jour dans la ville nipponne en 1997, limite la production de gaz à effet de serre de certains pays riches. Il venait à échéance cette année. La série de décisions inclut notamment de vagues promesses de financement pour aider les pays pauvres à faire face aux changements climatiques.

Sur place, les représentants des groupes écologistes et des organisations non-gouvernementales avaient la mine basse, samedi. Il y avait foule au petit café du centre des congrès du Qatar également, car plusieurs délégués avaient passé une nuit blanche afin de réviser les textes qui ont été présentés à la dernière séance plénière.

Rejoint à Dubaï où il faisait une courte escale avant son retour au Canada, le directeur général adjoint d'Équiterre, Steven Guilbeault, s'est désolé du fossé, «immense» selon lui, qui sépare les discours des actions des dirigeants.

Il a notamment dénoncé l'attitude du Canada, des États-Unis, du Japon, de la Russie et de la Nouvelle-Zélande, qui «refusent de s'engager à faire plus» pour lutter contre les changements climatiques et de déployer davantage d'efforts pour aider les pays en développement à affronter les conséquences du réchauffement de la planète.

L'impression est la même chez Greenpeace, où le porte-parole Patrick Bonin est déçu du manque de leadership des pays riches, qui devraient pourtant se positionner en modèles selon lui.

«Les pays en développement disent aux pays développés qu'ils n'ont pas livré la marchandise, observe-t-il. Les pays comme le Canada et les États-Unis ont bloqué les négociations, ils n'ont pas voulu aller de l'avant, sont arrivés ici avec aucun argent à mettre sur la table, aucune mesure supplémentaire pour réduire leurs émissions. On a une entente faible en raison de l'absence de leadership de la part des pays riches», croit-il.

Le problème, selon les deux porte-parole, est au niveau de l'action.

«Le grand drame, c'est d'entendre des ministres faire de beaux discours sur les impacts des changements climatiques et, à la fois, de refuser de réduire les émissions de gaz à effet de serre», affirme M. Guilbeault.

M. Bonin enchaîne: «le Canada a une des pires cibles de réduction des gaz à effet de serre des pays industrialisés, sa performance est qualifiée comme la pire parmi les pays riches, il n'a même pas de plan pour atteindre sa cible pathétique et en plus, il nuit aux négociations!»

«Il a remporté le prix Fossile à titre de pays qui nuit le plus aux négociations pour une sixième année consécutive», laisse-t-il tomber.

La conférence de Doha ne promettait pas d'avancée majeure, puisqu'elle visait en partie à mettre la table pour un projet d'entente qui doit être conclue en 2015 et inclure l'ensemble des pays du monde. Il est prévu que cet accord entre en vigueur en 2020.

Seule avancée si elle en est une, le prolongement du protocole de Kyoto concerne 15 pour cent des émissions mondiales de gaz à effet de serre, car le Canada, le Japon, la Nouvelle-Zélande et la Russie s'en sont déjà retirés. Les États-Unis n'ont jamais ratifié le protocole de Kyoto, en partie parce que l'accord n'incluait pas la Chine et d'autres pays en voie de développement à la croissance rapide.