NOUVELLES
08/12/2012 01:34 EST | Actualisé 06/02/2013 05:12 EST

Climat/Doha: la conférence joue les prolongations, le Qatar propose un texte

Le long marathon des négociations sur la lutte contre le changement climatique se poursuivait samedi après-midi Doha, au lendemain de la date prévue pour la fin des travaux, les délégations du monde entier examinant à la loupe un texte de compromis proposé par le Qatar.

Au terme d'une longue nuit blanche de discussions qui n'ont pas abouti, le vice-Premier ministre du Qatar Abdallah al-Attiya, qui préside la conférence de l'ONU, a réuni les délégations pour leur dire que "le temps est venu d'intensifier les efforts".

"Nous n'avons pas des jours entiers à notre disposition. Les ministres et les délégués commencent à partir, nous devons finir dans les prochaines heures", a-t-il poursuivi, insistant: "Le mieux est l'ennemi du bien".

Il a alors proposé aux délégations de 190 pays, réunis à Doha depuis le 26 novembre, une série de textes présentant un compromis acceptable, selon lui, sur l'ensemble des dossiers discutés comme l'acte II du protocole de Kyoto, l'un des principaux points de l'accord attendu.

M. al-Attiya avait donné jusqu'à 07H00 GMT aux délégations pour prendre connaissance des documents et formuler un avis, mais de longues heures plus tard, la réunion plénière destinée à faire le point était loin d'avoir commencée.

Les délégations ont mené des consultations tous azimuts toute la nuit pour tenter de débloquer certains dossiers très épineux dont celui de l'aide financière réclamée par les pays du Sud pour faire face aux effets du réchauffement du globe.

Ces derniers voulaient 60 milliards de dollars d'ici 2015 pour faire la transition entre l'aide d'urgence de 30 milliards de dollars décidée pour 2010-2012, et la promesse des 100 milliards par an d'ici 2020.

Les grands pays bailleurs de fonds ont refusé de s'engager sur une telle somme.

Le texte de compromis Qatar proposait une formule espérant rassurer les pays en développement sur le fait que les pays du Nord rempliraient leurs engagements, sans être trop contraignant pour les nations les plus réticentes, comme les Etats-Unis.

D'autres dossiers, comme la question des réparations demandées par les pays du Sud au Nord pour les "pertes et dommages" liés au changement climatique, a été un des principaux abcès de crispation, un bras de fer serré opposant les pays les plus pauvres aux Etats-Unis.

Les premiers veulent voir la mise en oeuvre d'un mécanisme sur ce sujet alors que la délégation américaine craint qu'il ne mène un jour à des actions en justice. Un accord qui ne "fâche personne" a été soigneusement ciselé, selon un observateur des négociations.

La principale avancée de la conférence de Doha doit porter sur la naissance, à partir du 1er janvier 2013, à la seconde période du protocole de Kyoto, seul outil engageant les pays industrialisés à réduire leurs gaz à effet de serre (GES), mais dont la portée sera essentiellement symbolique.

Il ne concernera que l'UE et l'Australie après le désistement du Japon, de la Russie et du Canada, soit uniquement 15% des GES globaux. Mais les pays du Sud y tiennent, au nom de la "responsabilité historique" du Nord dans le dérèglement climatique.

Ces dernières semaines, rapports et études ont sonné l'alarme sur la réalité du changement climatique et le fait que les efforts réalisés étaient bien loin du compte.

Le monde se dirige actuellement vers une hausse de 3°C à 5°C de la température globale et non 2°C, seuil au-delà duquel le système climatique risque de s'emballer.

Depuis 1995, la communauté internationale se retrouve chaque année, lors de complexes et laborieuses négociations sous l'égide de l'ONU, pour tenter de monter en puissance et répartir équitablement les réductions de GES entre les différentes nations.

Le prochain grand rendez-vous est celui de 2015 à Paris pour conclure un accord "universel" sur les réductions de GES, impliquant tous les pays dont les deux grands pollueurs que sont la Chine et les Etats-Unis qui n'ont jamais ratifié Kyoto, et devant entrer en vigueur en 2020.

cls/mh/hj