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07/12/2012 03:41 EST | Actualisé 06/02/2013 05:12 EST

WikiLeaks: aucune tentative de "punir" le détenu Manning (responsable prison)

Il n'y a eu aucune tentative de "punir" Bradley Manning lors de sa détention, a assuré vendredi Denise Barnes, responsable à la prison de Quantico (Virginie, est) où a été enfermé durant neuf mois sous un régime ultra-sévère la "taupe" présumée de WikiLeaks.

Denise Barnes avait pris, dès le 24 janvier 2011, la tête de la section sous haute surveillance dans laquelle était placé celui qui est accusé d'avoir transmis à l'organisation de Julian Assange des milliers de documents classifiés du gouvernement américain.

Peu après son arrivée, elle a décidé de maintenir le soldat de 24 ans sous le régime de "Prevention of Injury" (POI), réservé aux détenus suicidaires et particulièrement restrictif, auquel il venait depuis peu d'être soumis malgré les recommandations contraires de psychiatres.

Bradley Manning "ne m'a jamais clairement dit qu'il ne comptait pas se tuer", s'est justifiée la responsable, à la barre du tribunal miliaire de Fort Meade, dans le Maryland (est) lors de cette nouvelle journée d'audience préliminaire au procès du soldat qui s'ouvrira en mars. "Tout le monde sait qu'il ne faut pas forcément avoir un problème mental pour vouloir mettre fin à ses jours".

De son côté, la défense cherche à montrer que la détention de Manning de juillet 2010 à avril 2011 à la prison de Quantico a constitué une "punition préventive illégale". Elle demande pour cela l'abandon de toutes les charges contre le soldat qui encourt la prison à vie.

Interrogée par l'avocat de Manning, David Coombs, Denise Barnes a nié toute pression de la part de ses supérieurs. "Il n'y a jamais eu aucune tentative de punir Manning", a-t-elle martelé.

Elle a raconté avoir entretenu au départ de bonnes relations avec le soldat. Ils discutaient, riaient ensemble. "Nous pouvions parler de nourriture, de basketball, de mes cheveux (...) Notre communication était bonne, le contact visuel aussi". Puis le comportement de Manning s'est dégradé et il s'est refermé sur lui-même, selon elle.

C'est "l'une des raisons" pour lesquelles elle a choisi de continuer à le maintenir sous ce statut réservé aux suicidaires. "J'ai sorti de ce régime des détenus par le passé, je n'ai pas changé les règles avec Manning".

Denise Barnes avait ordonné dès mars 2011 que le prisonnier ôte tous ses sous-vêtements la nuit, peu après que Manning eut remarqué qu'il pourrait se suicider avec l'élastique de son slip.

Lors d'audiences précédentes, des psychiatres avaient indiqué que Manning avait été victime de traitements cruels à Quantico ayant dégradé sa situation.

Il est depuis avril incarcéré à Fort Leavenworth (Kansas, centre) dans de meilleures conditions.

sam/jca