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07/12/2012 09:48 EST | Actualisé 06/02/2013 05:12 EST

L'opposition égyptienne dit non à Morsi

La crise perdure en Égypte, où l'opposition a signifié vendredi une fin de non-recevoir au président Mohamed Morsi qui proposait la veille un dialogue avec les formations politiques.

Le président, proche des frères musulmans, fait face à un vaste mouvement de protestation lié au renforcement de ses pouvoirs et son insistance à vouloir tenir un referendum sur une nouvelle constitution.

Selon le Front du salut national (FSN), la principale coalition de l'opposition présidée par le Prix Nobel de la paix Mohamed ElBaradei, l'offre du président Morsi ne présente pas les bases « d'un dialogue véritable et sérieux ».

Mohamed ElBaradei, qui a personnellement appelé au boycott du dialogue via son compte Twitter, exige l'annulation pure et simple du décret présidentiel et la tenue de ce referendum.

Jeudi soir, le Morsi s'était adressé à la nation campant sur sa position en appelant l'opposition à un dialogue samedi.

Les rues du Caire bouillonnent

Vendredi matin, des centaines d'opposants commençaient à se rassembler place Tahrir, au Caire, pour marcher sur le palais présidentiel.

Les opposants qui ont baptisé cette journée le « Vendredi du carton rouge » espèrent mobiliser plus de manifestants durant la journée.

Cette manifestation se tient au moment où les frères musulmans organisaient des funérailles pour six de leurs membres tués dans les heurts qui ont éclaté ces derniers jours près du palais présidentiel entre partisans et opposants au président Morsi.

Le siège de la présidence au Caire est sous haute surveillance et toutes les rues menant au palais étaient barrées par des barbelés et gardées par de nombreux soldats et policiers antiémeutes.

Devant cette impasse, Navi Pillay, haut-commissaire de l'ONU aux droits de l'homme s'est déclarée très alarmée face aux violences en Égypte et a souligné un certain nombre de « problèmes majeurs » avec le projet de constitution voulu par le président.

Le ministre allemand des Affaires étrangères Guido Westerwelle estime pour sa part que « la révolution en Égypte est en danger » et adresse « un appel urgent à la raison, à la modération et au dialogue à toutes les forces égyptiennes ».