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07/12/2012 10:26 EST | Actualisé 06/02/2013 05:12 EST

Les rebelles syriens estiment que l'aéroport de Damas est une cible légitime

BEYROUTH - Les rebelles syriens qui tentent de renverser le président Bachar el-Assad ont affirmé vendredi que l'aéroport international de Damas est une cible «légitime» pour couper les vivres au régime, pendant que des affrontements entre l'armée et les insurgés ont forcé la fermeture de la route menant à l'aéroport pour la deuxième fois cette semaine.

Les combats autour de la capitale et de l'aéroport se sont intensifiés au cours des derniers jours, alors que les rebelles redoublent d'efforts pour provoquer l'effondrement du régime Assad après 20 mois de violences. Ils ciblent dorénavant la ville de 1,7 million d'habitants, et les combats qui se déroulent en périphérie permettent de craindre qu'elle soit bientôt le théâtre de la bataille la plus brutale de la guerre civile syrienne.

Les rebelles ont lancé un avertissement sévère au régime et aux voyageurs qui prévoient utiliser l'aéroport, qui se trouve à quelques kilomètres seulement de la capitale. La chute de l'aéroport porterait un dur coup au gouvernement.

Les insurgés affirment que des soldats d'élite ont été déployés à l'aéroport et que les installations sont utilisées par des avions militaires chargés de munitions.

Les combats ont déjà entraîné l'annulation des vols commerciaux cette semaine, même si les responsables de l'aéroport ont affirmé vendredi qu'il est toujours ouvert. Plusieurs croient que l'Iran et la Russie utilisent l'aéroport pour approvisionner le régime en munitions. Au cours des derniers mois, la Turquie et l'Irak ont intercepté et fouillé plusieurs avions provenant de ces deux pays et qui se dirigeaient vers Damas.

De son côté, le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, a de nouveau demandé aux dirigeants syriens, vendredi, de ne pas avoir recours aux armes chimiques, estimant qu'il s'agirait d'un «crime monstrueux contre l'humanité». Il a ensuite demandé au Conseil de sécurité de l'ONU de témoigner d'un front commun et d'agir de manière déterminée pour mettre fin à la crise.

Pour sa part, la secrétaire d'État américaine Hillary Clinton affirme que les États-Unis et la Russie se sont entendus pour appuyer une nouvelle médiation de l'envoyé onusien Lakhdar Brahimi, dans l'espoir de mettre en place un processus de transition. Elle a par contre répété que le président Bachar el-Assad doit quitter le pouvoir pour assurer l'avenir démocratique du pays.

Enfin, le gouvernement néerlandais a approuvé vendredi une demande de l'OTAN pour le déploiement de systèmes antiaériens Patriot le long de la frontière entre la Turquie et la Syrie. L'Allemagne avait autorisé une demande similaire il y a quelques jours. Le premier ministre néerlandais Frans Timmermans a indiqué qu'un maximum de 360 soldats seront déployés avec les systèmes, pour une durée d'un an.